Sécuriser l’intelligence artificielle et protéger les mineurs en ligne, tels sont les objectifs qui rassemblent vendredi les ministres du Numérique du G7 à Paris. La réunion, prévue au ministère de l'Économie, vise à élaborer des positions communes sur des enjeux majeurs tout en s'annonçant ardue, notamment en ce qui concerne l'impact écologique de ces nouvelles technologies.
Cette rencontre intervient après de longs mois de dialogue et précède le sommet des dirigeants des sept principales économies mondiales qui se tiendra à Évian du 15 au 17 juin. Une conférence de presse présentera les conclusions en fin de journée.
Anne Le Hénanff, la ministre déléguée au Numérique, a déclaré : "Nous souhaitons renforcer le dialogue numérique entre les pays du G7, en identifiant les domaines de convergence de nos politiques respectives." Son optimisme est palpable, avec l'espoir d'annoncer des mesures significatives sur l'IA et la cybersécurité, visant à formuler une déclaration commune pour le G7.
Outre ces thématiques, Paris souhaite également établir un consensus sur la protection des mineurs sur Internet, un sujet cher au président français.
Les discussions devraient prioritairement aborder l'IA. Jason Oxman, directeur général de l'organisation américaine ITI, représentant de grands noms comme Apple et Google, a évoqué l'incertitude des accords à venir, tout en exprimant l'espoir d'une approche réglementaire mesurée et nécessaire.
"Nous sommes à un moment clé pour le numérique mondial," a affirmé Anne Le Hénanff, soulignant l'accélération des transformations technologiques sous l'influence de tensions géopolitiques croissantes.
Malgré les réticences de certaines nations, Paris maintient une communication optimiste sur l'avance des discussions. En plus d'une déclaration principale, quatre annexes sont prévues, abordant la sécurité et la gouvernance de l'IA, l'innovation et son intégration dans l'économie, tout particulièrement dans les PME.
Cependant, la question du numérique durable s'annonce comme un défi compliqué. La représentation française émet des doutes quant à la possibilité d'une déclaration conjointe sur l'environnement, avec la ministre notant que cela pourrait représenter un point de contention. Les besoins croissants en énergie pour alimenter les infrastructures numériques ajoutent aux complexités de ce débat.
Il a été confirmé que le terme même de "l'impact environnemental du numérique" pourrait être un sujet sensible pour les États-Unis, renforçant l'idée que certaines discussions pourraient ne pas aboutir à un accord général. Dans cette optique, la France envisage de publier une déclaration unilatérale de la présidence si un consensus échoue à émerger.
Néanmoins, le ministère de l'Économie reste optimiste, soulignant que, même sans accord commun, ces dialogues sont essentiels pour avancer à l’échelle internationale.







