Entre les vignes d'un domaine girondin, de nouveaux plants de kiwis apparaissent. Cécile de Taffin, viticultrice à Saint-André-de-Cubzac, confie que cette diversification est vital pour échapper à la crise actuelle. "Les ventes de vin sont en chute libre depuis 2018, si bien que nous avons réduit notre vignoble de 25 à 17 hectares", explique-t-elle.
Avec le kiwi, Mme de Taffin du Château l'Insoumise espère gagner en rentabilité. "Il y a un véritable marché à saisir, plus lucratif que la vigne", assure-t-elle, bien que l'investissement reste important.
La situation du Bordelais, marqué par une forte baisse de la consommation de vin, a forcé de nombreux viticulteurs à demander de l'aide pour arracher des milliers d'hectares de vignes. Le CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux) rapporte que plus de 20 000 hectares du vignoble ont été supprimés depuis 2023, un chiffre alarmant qui fait craindre pour l'avenir de cette culture emblématique.
vers une agriculture diversifiée
Face à ce qu'il qualifie d'effondrement structurel, Fabien Bougès, un viticulteur de 42 ans, a mis en place un élevage de poules pondeuses. "C'est grâce à cette diversification que mon exploitation est aujourd'hui soutenue", souligne-t-il. La vente d'œufs lui permet de compenser les pertes subies par son activité viticole.
"Un modèle axé sur la vigne est trop risqué, on ne maîtrise pas toujours la valorisation du produit", déclare Bougès, critiquant les marges excessives de la grande distribution.
Olivier Reumaux, viticulteur et maraîcher, prône également la diversification. En intégrant la vente directe de fruits et légumes dans son exploitation, il parvient à compenser partiellement les pertes liées au vin. Pour lui, cette approche est incontournable : "Il faut en permanence s'adapter aux besoins du marché".
pas de solution unique
Pourtant, la diversification n'est pas exempte de défis. Géraud Peylet, membre de la chambre d'agriculture, alerte sur le besoin d'étudier la qualité des sols et la disponibilité en eau avant de se lancer dans divers projets. "Il n'existe pas de solution miracle", déclare-t-il, soulignant également les aspects psychologiques de ce changement de carrière.
Des aides existent, comme celles du CIVB, mais la région Nouvelle-Aquitaine a aussi soutenu plusieurs projets de diversification, soulignant l'importance d'une approche collective et organisée. Pour Peylet, la Gironde est actuellement à un tournant, marquant le début d'une véritable révolution agricole.







