Le lundi dernier, la France a été le théâtre d'une réunion cruciale réunissant les ministres de l'Agriculture des pays du G7, centrée sur la nécessité de garantir la sécurité des approvisionnements en engrais, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Bien qu'aucune décision concrète n'ait été communiqué à l'issue de cette rencontre, la ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, a souligné l'importance de ces échanges via X, en indiquant : "Ce n'est qu'une première étape. Nos travaux alimenteront le sommet des chefs d'État à Évian dans une semaine. La souveraineté alimentaire se construit aussi en G7."
Cette réunion a permis de dresser un bilan des défis auxquels sont confrontés les agriculteurs, notamment en raison de l'inflation des prix des fertilisants à la suite du conflit en Iran et de la fermeture presque totale du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.
Les ministres présents ont convenu de la nécessité de coopérer afin de garantir des approvisionnements sûrs en engrais et en intrants essentiels. Il a été mis en avant l'importance de réduire la dépendance aux engrais d'origine fossile et d'améliorer le partage d’informations concernant la recherche et l'innovation dans l’utilisation efficiente des fertilisants.
Certains des thèmes abordés lors de cette rencontre s'alignent sur le contenu du Plan engrais actuellement en élaboration en France, en visant notamment à optimiser l’utilisation d'engrais et à diminuer la dépendance vis-à-vis des engrais azotés.
- Risques pour les récoltes futures -
Cette réunion a aussi mis en lumière les menaces pesant sur les coûts de production agricole et, par conséquent, la viabilité économique des exploitations agricoles, selon un communiqué du ministère français. Ainsi, des mesures pour atténuer l’impact de l'augmentation des prix des engrais sur les exploitants ont été discutées.
Les représentants du G7 ont rappelé l'importance de disposer de marchés transparents et prévisibles pour assurer un bon fonctionnement des chaînes d'approvisionnement. Étaient présents autour de la ministre française, les homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, d'Allemagne, d'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des délégués de l'Union européenne et d’organisations comme la FAO et l'OCDE.
Pour la France et l'ensemble de l'Europe, qui dépendent à 60% de ses engrais, la réduction de cette dépendance est primordiale. Les solutions évoquées incluent la diversification des approvisionnements et l'encouragement à l'usage des engrais organiques, tels que les lisiers ou les purins d’orties.
Une autre idée, relayée par plusieurs médias, est la mise en place de stocks stratégiques d'engrais. Cependant, le ministère a indiqué qu'il n'existait pas de commentaire à ce sujet, en raison des implications potentielles sur l'augmentation des prix et des risques de sécurité liés aux matériaux explosifs que représentent certains engrais.
Il est à noter que les pays d'Europe et leurs partenaires occidentaux sont moins vulnérables que d'autres régions comme l'Asie ou l'Afrique aux problèmes d'approvisionnement découlant de la guerre en Iran. Toutefois, l'augmentation des prix des fertilisants, qui a atteint environ 50% en général et jusqu'à 70% pour des produits spécifiques comme l'urée, aura un impact sur les récoltes futures, notamment celle de 2027, si les agriculteurs n'arrivent pas à se procurer les ressources nécessaires.
En somme, cette réunion a posé les fondations d'une coopération essentielle pour assurer la sécurité alimentaire à l'échelle mondiale. Selon le cabinet de conseil Carbone 4, les engrais contribuent à hauteur de 5% aux émissions de gaz à effet de serre, un enjeu à prendre en compte alors que la communauté internationale se tourne vers des pratiques agricoles plus durables.







