Le garde des Sceaux a lancé une mission d'ampleur aux procureurs : passer au crible 70 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs dans un délai de cinq semaines. Une tâche qualifiée de titanesque par les magistrats, qui soulignent le manque de ressources et les répercussions sur leur charge de travail actuelle.
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Ce lundi 8 juin, lors d'une réunion à la Chancellerie, le ministre de la Justice a donné des directives claires aux 36 procureurs généraux présents. Chaque procureur doit examiner 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles sur mineurs. Gérald Darmanin a soulevé une question cruciale : "Y a-t-il d'autres affaires Lyhanna en France ?" Il a également demandé aux procureurs de réfléchir à d'éventuelles défaillances au sein du système judiciaire.
À l'issue de cette réunion, plusieurs procureurs ont trouvé les échanges constructifs. Philippe Astruc, procureur général de Dijon, a noté : "Il n'y a sans doute pas assez de moyens. Avec ce que nous avons, il faut faire un tri pertinent."
Un travail titanesque pour les magistrats
La tâche consiste à prioriser et analyser 70 000 plaintes d'ici le 14 juillet, concernées par des enquêtes ouvertes, mais sans information judiciaire ni classement. Les magistrats doivent déterminer le statut des enquêtes : actives, en attente, ou en souffrance. Le syndicat majoritaire des magistrats estime que ce défi est presque impossible à relever dans le temps imparti.
Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats, a exprimé ses réserves : "Analyser 70 000 procédures demande plusieurs centaines d'heures par magistrat. Cela pourrait représenter entre 400 et 500 heures de travail. Si cette tâche est jugée urgente, que devrions-nous arrêter de faire en parallèle ?"
En France, le ratio de procureurs est de 3,2 pour 100 000 habitants, contre une moyenne européenne de 12,2. Gérald Darmanin a promis de diffuser le rapport de l'inspection sur les défaillances observées dans l'affaire Lyhanna, tout en n'écartant pas la possibilité de sanctions.







