Le 10 octobre, la Banque du Japon (BoJ) a décidé d'augmenter son taux directeur à 1 %, le niveau le plus élevé en plus de 30 ans. Cette mesure vise à contrer l'affaiblissement du yen et à limiter l'inflation exacerbée par les conflits au Moyen-Orient.
Cette décision était largement anticipée par les marchés, s'inscrivant dans un mouvement global de resserrement monétaire, notamment suite aux actions récentes de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de la Banque d'Indonésie. Elle interviendra avant une importante réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) prévue cette semaine.
Depuis le printemps 2022, le Japon fait face à une inflation pour la première fois depuis des décennies, avec des prix à la consommation dépassant les 2 %. Cette hausse est survenue après une longue période marquée par la déflation et a amené la BoJ à modifier sa politique monétaire, qui était restée longtemps accommodante.
Les coûts énergétiques en forte hausse, en raison notamment des disruptions dans les chaînes d'approvisionnement du Golfe, ont aggravé la situation. Bien que les États-Unis et l'Iran aient trouvé un accord pour mettre fin à certaines hostilités, la reprise des approvisionnements en pétrole pourrait prendre du temps, maintenant ainsi la pression sur l'économie japonaise.
Dans son communiqué, la BoJ a exprimé des inquiétudes concernant l'impact des prix du pétrole brut sur les coûts des entreprises et, par conséquent, sur les prix à la consommation. La banque souligne que les anticipations d'inflation à moyen et long terme continuent de croître, ce qui pourrait mener à une inflation sous-jacente dépassant l'objectif de 2 % fixé par les autorités monétaires.
Dans ce contexte, la Première ministre Sanae Takaichi a manifesté des préoccupations concernant les conséquences économiques d'une politique monétaire plus stricte. Pourtant, la BoJ a souligné que, malgré la pression inflationniste, l'économie bénéficie de bénéfices d'entreprises relativement élevés et d'une amélioration des conditions d'emploi.
Les défis ne manquent toutefois pas, notamment la chute continue du yen, exacerbée par les phénomènes inflationnistes et les différences croissantes entre les taux d'intérêt japonais et américains. Shigeto Nagai, analyste chez Oxford Economics, a noté que la BoJ doit prêter attention à la dévaluation du yen, qui alourdit le coût des importations.
La Fed, qui se réunit cette semaine sous une nouvelle présidence, pourrait augmenter ses taux, renforçant ainsi le dollar et exerçant encore plus de pression sur le yen. En septembre, le gouvernement japonais avait déjà déboursé près de 11 700 milliards de yens (environ 63 milliards d'euros) pour soutenir sa monnaie, mais cet effort a eu un effet temporaire, rapidement annulé par les anticipations de relèvement des taux de la Fed.
Enfin, la BoJ a annoncé qu'elle continuerait de réduire son programme d'achats de dettes nippones jusqu'en avril 2027, date à laquelle elle visera à stabiliser le volume de ses achats mensuels. Le vice-gouverneur Shinichi Uchida est censé présenter ces développements devant la presse, remplaçant le gouverneur Kazuo Ueda, actuellement hospitalisé.







