À Bruxelles, Andrius Kubilius a mis en garde, soulignant la nécessité pour l'Europe de se préparer à compenser les retraits possibles d'équipement ou de troupes américaines, qui étaient précédemment engagés dans la défense du continent. "Nous devons être prêts", a-t-il insisté lors d'un discours devant des industriels et des responsables de la défense.
"L'Amérique va déplacer des capacités, en particulier des capacités matérielles, vers d'autres régions du monde. Et nous devons être prêts", a-t-il déclaré.
Ce retrait pourrait survenir prochainement, selon lui, ce qui soulève de vives préoccupations, notamment au regard des récentes déclarations des États-Unis sous l'administration Trump, qui ont à plusieurs reprises exhorté leurs alliés européens à assumer une plus grande responsabilité dans leur propre défense. La semaine précédente, lors d'une réunion des ministres de la Défense de l'Otan, les États-Unis ont également annoncé un réexamen de leur présence militaire dans un délai de six mois.
Une défense européenne à reconstruire
"L'Europe dépend aujourd'hui très fortement des États-Unis pour des moyens stratégiques comme le ravitaillement en vol ou le renseignement depuis l'espace", a averti Kubilius.
Il a ajouté que l'absence de telles capacités rendrait l'Europe "plus faible dans notre défense, plus faible dans notre dissuasion", ouvrant la voie à une éventuelle aggression de la part de la Russie, qui pourrait "tester" les réactions européennes.
Pour faire face à cette situation, Kubilius a évalué à près de 500 milliards d'euros le coût nécessaire pour renforcer ces capacités essentielles en Europe, une opinion qui trouve un écho dans les déclarations de plusieurs experts militaires. Reuters fait remarquer que les États membres de l'UE doivent se mobiliser pour dégager des financements, alors que la Commission européenne propose d'allouer 131 milliards d'euros à la défense dans son prochain budget pluriannuel.
De plus, Kubilius prédit que les nations européennes investiront environ 7.000 milliards d'euros dans leur défense d'ici 2035, conformément aux engagements pris à l'intérieur de l'Otan. Les pays de l'alliance s'étaient engagés l'an passé à consacrer au moins 5% de leur PIB à la sécurité d'ici cette date fatidique.
Aux yeux de nombreux analystes, ce phénomène de désengagement américain pourrait provoquer des ajustements majeurs dans les relations de défense en Europe et influencer la stabilité au sein de la région. Dans ce contexte crucial, la mobilisation des États européens est une nécessité incontournable pour assurer la sécurité collective.







