La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a exprimé vendredi son inquiétude face à l'évolution de l'affaire Lyhanna, soulignant que les sanctions individuelles récemment prononcées ne représentent pas une solution complète. Elle a mis en avant les 134 placements en détention préventive, qui mettent en lumière un véritable besoin de réflexion sur la gestion des plaintes accumulées.
« On tente d'identifier les responsabilités personnelles et de dire : +Voilà ce qui a échoué dans le traitement de l'affaire Lyhanna+, mais cela ne réglera pas le problème dans son ensemble ! » a-t-elle déclaré lors d'une interview sur France 2.
Suite à la tragédie qui a coûté la vie à la jeune Lyhanna, âgée de 11 ans, le gouvernement a imposé des sanctions à l’encontre d'une magistrate et de deux gendarmes, à la lumière d'un rapport dénonçant de nombreux dysfonctionnements au sein du système judiciaire.
Le principal suspect, Jérôme Barella, avait déjà été signalé à plusieurs reprises sans que des actions concrètes ne soient entreprises à son encontre, éveillant des questions sur l’efficacité des mécanismes de protection des mineurs.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a ordonné un réexamen accéléré de 70 000 plaintes relatives aux violences sur mineurs, dans le but de donner une réponse plus rapide. Ce mouvement a déjà conduit à la détention de 134 personnes.
« Cela illustre un certain nombre de négligences et un manque d’organisation dans le traitement de ces affaires », a ajouté Braun-Pivet.
En réaction aux conclusions accablantes du rapport d’inspection sur l'affaire Lyhanna, Mathilde Panot, présidente des députés LFI, a appuyé le besoin d'un changement systémique : « Les efforts visant à isoler le gouvernement de ses responsabilités s'avèrent vain. Ce rapport met en lumière la grave accumulation de dossiers, notamment à Toulouse où plus de 700 plaintes pour viols sur mineurs sont en attente », a-t-elle critiqué.
Panot a insisté sur le fait qu'il ne s'agit pas simplement de dysfonctionnements individuels mais bien d'un problème structurel, appelant à une prise de conscience urgente concernant le pouvoir déséquilibré des adultes sur les enfants.
Braun-Pivet a également plaidé pour l'inscription à l'ordre du jour d'une loi globale visant à traiter toutes les violences liées aux enfants, malgré la réticence du Premier ministre S. Lecornu à la promulgation de nouvelles législations dans ce domaine. « Je poursuis mes efforts avec mes collègues pour que cette proposition, soutenue par des parlementaires de gauche ainsi que de la coalition gouvernementale, soit mise à l’horizon », a-t-elle affirmé, en faisant référence au récent rapport d'enquête.







