Le Vieux Continent est-il prêt à assurer sa propre défense ? L'Europe doit se préparer à compenser rapidement les retraits de matériels et de forces américaines qui ont longtemps assuré sa sécurité, a prévenu Andrius Kubilius, commissaire européen à la Défense, lors d'un discours à Bruxelles. "L'Amérique déploie ses capacités militaires vers d'autres régions du globe. Nous devons être alertes", a-t-il déclaré, soulignant que ce retrait « pourrait se produire bientôt ».
Réexamen de la présence militaire américaine
Les États-Unis, sous la direction de Donald Trump, ont fréquemment insisté pour que leurs alliés européens prennent davantage en charge leur propre défense. Cet ordre de mission a été rappelé lors d'une réunion récente des ministres de la Défense de l'OTAN, qui a annoncé un réexamen de leur présence militaire sur le vieux continent dans les six mois à venir. Andrius Kubilius a averti que l'Europe était actuellement très dépendante des États-Unis pour des outils stratégiques cruciaux comme le ravitaillement en vol et le renseignement spatial. "Sans ces ressources, notre défense et notre capacité de dissuasion seront affaiblies", a-t-il ajouté, exprimant des craintes sur la possibilité d'une Russie cherchant à tester la résilience européenne.
Cependant, l'Europe n'est pas totalement démunie. Par exemple, la France dispose de 13 A330 MRTT Phénix pour le ravitaillement en vol, qui fait partie d'un ensemble plus large, avec environ 40 appareils au sein de la flotte multinationale d'OTAN (MMF). Ces capacités, bien que limitées, montrent que l'Europe commence à répondre à ses propres besoins défensifs.
Investissements massifs dans la défense
Lors d'une séance de travail, le commissaire a estimé le coût potentiel d'une montée en puissance de ces capacités à environ 500 milliards d'euros. Ce montant devra provient uniquement des États membres de l'UE. La Commission européenne a déjà proposé d'investir 131 milliards d'euros dans la défense pour le prochain budget pluriannuel de l'Union, couvrant la période 2028-2034, bien que l'approbation reste à obtenir des États membres et du Parlement européen. Selon les prévisions de Kubilius, l'Europe pourrait investir jusqu'à 7.000 milliards d'euros dans sa défense d'ici 2035, conformément aux engagements des pays de l'OTAN de dédier au moins 5 % de leur PIB à la sécurité d'ici cette même date.







