Des représentants du régime taliban sont attendus ce mardi à Bruxelles pour discuter avec la Commission européenne du renvoi d'exilés afghans. Ce sujet suscite de vives inquiétudes parmi les ONG et les défenseurs des droits humains.
Cinq membres du gouvernement taliban ont reçu une autorisation d'entrée pour une journée en Belgique, comme l’a annoncé une porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères. Bien que la date précise de la rencontre reste confidentielle pour des raisons de sécurité, diverses sources afghanes ont confirmé qu’elle se tiendra bientôt.
Audrey Jacquiez, porte-parole du ministre belge Maxime Prévot, a indiqué que les visas avaient été délivrés lundi après un examen par les services de renseignement, qui ont conclu que les responsables ne représentaient pas une menace. La délégation afghane transitera par la Turquie avant d'arriver en Belgique.
Depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, l'Union européenne n'a certes jamais reconnu ce régime, mais cette réunion reflète sa volonté d'adapter sa politique migratoire face à une situation critique. Les critiques fusent de toutes parts, notamment de Human Rights Watch, qui affirme que l'UE sape sa légitimité en condamnant les abus des talibans tout en coopérant avec eux concernant les retours forcés.
La Commission européenne tente de justifier cette rencontre en soulignant qu'elle se déroule à un "niveau technique" afin d'éviter toute reconnaissance officielle du régime taliban. Magnus Brunner, commissaire européen à l'immigration, a exprimé l'importance du dialogue, même sans une reconnaissance formelle du gouvernement afghan.
Ce dialogue s'inscrit dans le cadre des efforts européens pour gérer les flux migratoires, alors que près d'un million de demandes d'asile d'Afghans ont été déposées depuis 2013, avec une approbation beaucoup plus limitée. Une vingtaine de pays de l’UE envisagent actuellement des solutions pour renvoyer des migrants, ciblant spécifiquement ceux considérés comme représentant une menace pour la sécurité.
La Belgique, sous l’impulsion de la ministre de la Migration Anneleen Van Bossuyt, a pris une position proactive dans cette démarche. Cependant, Maxime Prévot a exprimé ses réserves concernant l'invitation à des représentant d’un régime qu’il n’approuve pas, tout en soulignant la nécessité de faciliter les discussions à Bruxelles.
La situation reste délicate et complexe, et il est crucial de continuer à surveiller les répercussions de cette rencontre sur les droits des Afghans et la politique migratoire de l'Europe.







