Lorsque cette jeune maman de 25 ans se présente devant le tribunal, le regard perdu et les larmes aux yeux, elle fait face à une accusation lourdement pesante : des violences sur son bébé. L’incident s'est produit en février 2026, près de Langon, alors que son enfant de quatre mois, l’un de jumeaux nés prématurément, présentait des symptômes inquiétants dans son berceau.
Les jumeaux, nés en octobre 2025, ont vu le jour deux mois avant terme, après une grossesse déjà compliquée. Le suivi médical aurait pu être meilleur, et la mère, après un retour à la maison, a dû composer avec une période d’épuisement intense. Son mari, conscient de la fatigue de sa femme, a pris l’initiative de s’occuper des enfants la nuit, tandis que la mère se reposait. Cependant, l’un des jumeaux, particulièrement agité, faisait face à des crises fréquentes, rendant la situation encore plus pénible.
Des évènements tragiques
Ce jour-là, la maman appelle les secours après avoir retrouvé son bébé inanimé. Les premiers intervenants ne suspectent pas de maltraitance, mais au CHU de Bordeaux, le diagnostic fait froid dans le dos : des signes d'un syndrome de bébé secoué sont identifiés, entraînant une hospitalisation en réanimation. Un médecin légiste signale trente jours d’incapacité totale de travail, sans savoir quelles seront les conséquences à long terme pour l’enfant.
« Est-ce que cette mère n’a pas déjà suffisamment souffert pour qu’on doive la juger ? »
Lors de l’audience, la présidente du tribunal, Tania Moulin, aborde l’affaire d’un point de vue humain. Elle questionne la nécessité d’un procès pour une situation déjà tragique, soulignant les nombreux facteurs qui ont conduit à ce drame. Les experts et témoignages concordent : une prise en charge insuffisante à l’hôpital et des signaux d’alerte ignorés ont contribué à cette tragédie familiale.
Un appel à la compassion
La jeune maman se confie : « Je suis tombée dans un engrenage », explique-t-elle, la voix étranglée par l’émotion. Elle admet avoir agi sans réfléchir, piégée par l’épuisement, regrettant amèrement son geste. Son avocate, Me Cécile Frouté, met en lumière une dépression post-partum qui aurait influencé son comportement.
Le jugement, rendu par trois magistrats, a abouti à une peine de huit mois de prison avec sursis, alors que le procureur avait requis dix mois de prison ferme, illustrant les tensions entre justice et compréhension humaine dans des situations aussi délicates.







