Considéré comme un média local exempt de publicités, Médiacités tire son existence non seulement des abonnements, mais également de dons défiscalisés, d’aides publiques, et de collaborations éditoriales. Une récente enquête de l’Observatoire du journalisme (OJIM), réalisée en partenariat avec plusieurs organes de presse tels que L'Incorrect, Radio Courtoisie et Boulevard Voltaire, met en lumière les zones d'ombre d'un modèle qui ne faillit pas à revendiquer son autonomisme, tout en profitant de ressources publiques considérables.
Depuis sa fondation en 2016, Médiacités s’est donné pour mission d'investiguer sur les "pouvoirs locaux" tout en apportant à son lectorat une image séduisante de journalistes indépendants, fermement opposés aux puissants. Cependant, l’OJIM note que derrière cette façade se cache une réalité plus complexe. Le modèle financier de Médiacités repose sur des donations défiscalisées, des aides gouvernementales et des liens étroits avec des médias comme Mediapart. En effet, ce dernier a joué un rôle décisif dans l'analyse des notes de frais de Laurent Wauquiez récemment.
Un média né avec l'appui du ministre de la Culture
Médiacités a vu le jour grâce à un financement initial qui comprend une campagne de dons participatifs, un apport personnel des fondateurs et une subvention de 50 000 euros du ministère de la Culture, révélant ainsi un démarrage qui n'est pas entièrement indépendant des fonds publics. Aujourd'hui, ce média affiche plus de 5 000 articles et 6 000 abonnés. Selon les récents résultats financiers publiés par Médiacités, son chiffre d'affaires a atteint près de 550 000 euros, une augmentation d'environ 10 % par rapport à l'année précédente.
Les abonnements constituent 75 % de ce chiffre d'affaires. Néanmoins, d'autres sources de revenu, telles que la vente d'articles à des partenaires comme Mediatiart et la participation à l'émission politique de France 2, sont également notables. Malgré des dépenses conséquentes de plus de 500 000 euros en salaires et charges sociales, le média a réussi à afficher un bénéfice symbolique de 2 425 euros pour la première fois.
Les liens avec Mediapart
Un point controversé soulevé par l’OJIM concerne les relations entre Médiacités et Mediapart. Bien que ce dernier ne détiendrait qu'une petite part du capital de Médiacités, les deux médias collaborent étroitement, partageant régulièrement des contenus et enquêtes. Bien que cela soit parfaitement légal, les critiques estiment qu'un média qui se veut indépendant devrait prendre du recul par rapport à de tels partenariats.
Dons défiscalisés et aides gouvernementales
La critique essentielle de l’OJIM se concentre sur le modèle de financement, laissant entendre que ce dernier pourrait compromettre l'indépendance prétendue de Médiacités. En proposant à ses lecteurs des dons ouvrant droit à une réduction d'impôt de 66 %, Médiacités assure un soutien financier tout en ne fournissant pas d'abonnement correspondant. Ce schéma souligne la question des limites de l'indépendance : à quel moment celle-ci devient-elle dépendante de financements publics ?
Médiacités souligne également que sa base de lecteurs-sociétaires contribue à son capital avec des investissements défiscalisés, et reçoit également des aides à la presse, y compris l'aide au pluralisme du ministère de la Culture. Malgré une légère baisse de ces aides, Médiacités continue à prospérer grâce à l'augmentation de son chiffre d'affaires et de ses abonnés.
L’indépendance sous conditions fiscales
Interrogé par l’OJIM, Benjamin Peyrel, directeur de la rédaction, défend que Médiacités est un média reconnu et peut donc bénéficier des dons déductibles d'impôt. Il souligne que ces dons, perçus depuis 2019, n’ont jamais été mis en cause par l’administration fiscale.
En somme, Médiacités se positionne en tant que média libre, dépourvu de publicités. Cependant, son modèle de financement indigène lui permet d'attester d'un certain degré de dépendance vis-à-vis de fonds publics et d'organisations privées. La question reste de savoir si un média qui se présente comme progressiste peut éviter les critiques qui s'appliquent généralement à d'autres structures de presse classées à droite.







