Le dimanche 15 mars, un visage familier de la Seine-Saint-Denis fait parler de lui en remportant les élections municipales de la ville la plus peuplée du département. Bally Bagayoko, avec 50,77 % des voix, écarte le socialiste sortant, Mathieu Hanotin. Ce succès marque un tournant dans une ville qui a déjà connu plus de soixante ans de communisme. L’ère de la rose semble révolue, laissant place à une nouvelle figure montée en puissance grâce au soutien de Jean-Luc Mélenchon.
À 52 ans, Bally Bagayoko, natif de Saint-Denis, a su grimper les échelons. Ancien adjoint aux maires communistes entre 2001 et 2020, son parcours est marqué par une formation en géopolitique et des années passées dans le milieu sportif. Après un premier échec en 2020, il s'impose dans une ville marquée par son histoire et son identité populaire, mobilisant des électeurs issus des cités, notamment des Francs-Moisins.
Des comportements inquiétants dans les bureaux de vote
Pendant sa campagne, les tensions étaient palpables. Des slogans poignants, incitant les citoyens à le soutenir, étaient visibles dans la ville. Le jour du scrutin, des comportements troublants sont observés dans les bureaux de vote. Un assesseur a évoqué l'arrivée d'« une quinzaine de jeunes » munis de documents judiciaires attestant de leur inscription pour voter. Selon un témoin, des lumières de téléphones étaient présentes dans les isoloirs, suggérant un contrôle sur les votes destinés à Bally Bagayoko.
Les résultats parlent d'eux-mêmes : aux Francs-Moisins, Bagayoko a devancé ses concurrents avec un total de 784 voix. Ailleurs, il a enregistré des scores impressionnants, surpassant ses résultats précédents lors des élections de 2024. Ce phénomène d'électorat appuyé par certaines franges sociales a suscité des interrogations légitimes sur l'influence du trafic de drogue dans le paysage politique local.
Comme l'a noté un analyste du site La France Insoumise, « la dynamique électorale de Bagayoko interpelle sur les relations entre politique et narcotrafic dans la région ». Les résultats impressionnants du maire insoumis soulèvent des questions cruciales sur la continuité de l'État de droit dans cette commune emblématique de la banlieue parisienne.







