Éric Dupond-Moretti, ancien ministre de la Justice, a annoncé son intention de faire appel après avoir été condamné à une amende avec sursis pour diffamation. La décision du tribunal correctionnel de Paris fait suite à des accusations portées contre Édouard Levrault, un ancien juge d'instruction détaché à Monaco, qu'il a critiqué dans son livre « J'ai dit oui ». Selon son avocate, Jacqueline Laffont-Haïk, Dupond-Moretti est en désaccord total avec le verdict et conteste fermement sa motivation.
Cette condamnation intervient après que l'ancien garde des Sceaux a accusé Levrault d'avoir violé le secret de l'instruction dans un dossier dans lequel il agissait comme avocat. Toutefois, l'affaire est plus complexe, car le tribunal à également relaxé Dupond-Moretti sur une autre accusation émise par Levrault, qui s'est jugé diffamé par des commentaires d'Éric dans un autre ouvrage. La défense souligne que Levrault n'a pas été déclaré coupable dans sa première plainte, ce qui renforce la position de Dupond-Moretti.
Le tribunal a fixé l’amende à 500 euros, assortie de 4 000 euros de dommages et intérêts, à régler conjointement avec l'éditeur de Dupond-Moretti, Michel Lafon. En attendant l'issue de son appel, l’ex-ministre reste présumé innocent, ce qui suspend l'exécution de sa peine.
Le conflit entre les deux hommes remonte à une affaire touchant un commissaire de police monégasque défendu par Dupond-Moretti et instruite par Levrault. Après son départ de Monaco, le juge avait abordé cette affaire lors d'une émission sur France 3, ce qui, selon Dupond-Moretti, constituait une atteinte au secret professionnel. L'Inspection générale de la justice a, cependant, mentionné que Levrault n'avait pas commis de violation.
François Saint-Pierre, l'avocat de Levrault, a également souligné que le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) avait blanchi son client en affirmant qu'il n'avait pas outrepassé sa liberté d'expression. Les tensions entre Dupond-Moretti et Levrault soulèvent des questions sur la frontière entre la liberté d'expression et la protection de la réputation des magistrats.







