Lundi 22 juin, Éric Dupond-Moretti a écope d'une amende avec sursis de 500 euros pour avoir diffamé un magistrat, l’accusant d’avoir violé le secret de l’instruction. L'ancien ministre a dix jours pour contester cette décision, selon les rapports de Franceinfo.
Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé cette décision à l'encontre d'Éric Dupond-Moretti après qu'il a accusé le magistrat Édouard Levrault, alors en mission à Monaco, d’avoir divulgué des informations confidentielles dans un dossier où il intervenait en tant qu'avocat. C’est ce qu'affirme Franceinfo.
En plus de l’amende, Dupond-Moretti devra également régler 4 000 euros de dommages et intérêts, solidairement avec son éditeur Michel Lafon, qui a lui aussi été condamné à 500 euros d’amende. En avril, Édouard Levrault avait dénoncé "la malveillance" et la "haine vindicative" de Dupond-Moretti, et avait demandé 30 000 euros de dommages et intérêts.
"Pas de violation du secret de l'instruction"
Le litige entre les deux hommes provient d'une affaire impliquant un commissaire de police monégasque, défendu par Éric Dupond-Moretti, qui était alors avocat, et dont l’instruction était dirigée par le juge Levrault. Ce dernier avait mentionné le dossier lors d'une émission diffusée sur France 3, ce qui a conduit Dupond-Moretti à considérer cela comme une atteinte au secret de l’instruction, réclamant des sanctions disciplinaires.
Cependant, l'Inspection générale de la Justice a conclu qu'Édouard Levrault n’avait "pas commis de violation du secret professionnel ou de l'instruction", comme l’a précisé Me François Saint-Pierre, l’avocat de Levrault lors de l’audience. Par ailleurs, le Conseil supérieur de la magistrature a affirmé que le juge n’avait "pas dépassé les limites de sa liberté d'expression." Cette affaire met ainsi en lumière les tensions au sein du système judiciaire français et pourrait avoir des répercussions sur la perception de l’autorité de la justice.







