Les ours, souvent qualifiés de « superprédateurs », sont au cœur d'un débat épineux en Europe. La Roumanie et la Slovaquie, soutenues par la Croatie, la République tchèque et la Finlande, militent pour un assouplissement de la protection des ours bruns. Cette position sera discutée lors d'une réunion des ministres de l'Agriculture prévue à Luxembourg.
Ces pays estiment qu'une gestion efficace et urgente des populations d'ours est nécessaire, notamment à cause des risques pour l'homme et le bétail. La Finlande, avec près de 2 600 ours, a déjà commencé à plaider pour des mesures de chasse préventive, comme l'a souligné Sari Essayah, la ministre finlandaise de l'Agriculture.
Du côté de la Roumanie, où la population d'ours atteint environ 11 500 individus, les statistiques font état de 14 décès et de plus de 150 blessés graves dus à des attaques d'ours au cours des cinq dernières années. La Slovaquie, avec ses 2 500 ours, a également enregistré quatre décès et 64 blessures graves, mettant en lumière les impacts sur le secteur agricole.
La crainte d’un précédent
Combiner ces préoccupations pourrait ouvrir la porte à un changement significatif des politiques de protection des espèces. Les organisations environnementales s’alarment de cette démarche, craignant qu'elle n'entraîne une généralisation de l'assouplissement de la protection d'autres espèces menacées. Dans un contexte où des pays européens réclament déjà une régulation de populations d'autres espèces comme le cormoran, les conséquences de ces demandes pourraient être largement ressenties.
À l'heure actuelle, la France ne souhaite pas se positionner sur ce sujet délicat, reflétant les divergences internes au sein de son gouvernement concernant la gestion de la faune sauvage.







