Un amendement à la loi de simplification des normes propose de rendre facultatifs les Centres communaux d’action sociale (CCAS) alors que les besoins en aide sociale n'ont jamais été aussi pressants.
"Simplification des normes", un terme souvent utilisé pour justifier des mesures controversées. Le projet de loi en discussion au Sénat offre un terrain fertile pour une révision profonde des structures sociales. Adopté le 17 mai par la commission des lois et soutenu par le gouvernement, cet amendement vise à rendre l'existence des CCAS facultative, une décision qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l'accès aux services sociaux.
Les CCAS, qui ont vu le jour sous le Directoire en 1796 et ont été rebaptisés en 1986, sont actuellement au nombre de 4 300 en France. Ils jouent un rôle crucial face à des problématiques telles que le manque de logements, la précarité énergétique, l'isolement des personnes âgées, et le renoncement aux droits. Leur dissolution manquerait de vision sur la réalité sociale actuelle.
« Une vision réductrice de l’aide sociale »
Si la mesure était adoptée, les communes pourraient dissoudre leurs CCAS, ce qui risquerait d'effacer des services essentiels. Ces centres, composés de représentants élus et d'acteurs de la société civile, disposent d'un budget propre leur permettant de gérer l'accueil du public. Ils s'emploient à identifier et anticiper les besoins, ainsi qu'à coordonner avec des organismes spécialisés.
Rappelons qu’en cette période de crise économique croissante, supprimer ces structures serait particulièrement préoccupant. L'Union nationale des CCAS (UNCCAS) souligne l'inadéquation d'une telle approche, affirmant que "considérer leur disparition comme une simplification témoigne d'une vision réductrice de l'action sociale". L'UNCCAS a prévu une mobilisation nationale le 22 juin, juste avant que le texte ne soit examiné à l'Assemblée, afin de sensibiliser l’opinion et de défendre les services sociaux essentiels.
Les experts s'accordent à dire que les CCAS sont plus que jamais nécessaires. Selon un rapport de L'Humanité, la précarité sociale ne cesse d’augmenter et les budgets des collectivités, eux, stagnent. Un appel urgent à la réflexion s'impose afin de ne pas remettre en question les fondements ni la structure d'une action sociale qui commence à peine à répondre aux défis contemporains.







