En visite dans les pays du Golfe, Marco Rubio, le secrétaire d'Etat américain, a affirmé jeudi que tout accord avec l'Iran ne doit pas être conclu "à n'importe quel prix", mettant en lumière les craintes d'un "chaos total" si Téhéran décidait de faire payer le passage dans le détroit d'Ormuz.
"Nous voulons un accord, mais pas à n'importe quel prix", a souligné Rubio lors d'une déclaration à Bahreïn, devant ses homologues du Golfe. Il a évoqué la situation préoccupante dans le détroit d'Ormuz, un point névralgique où l'Iran envisage d'introduire des "droits de redevance" pour les passages, une mesure que Washington rejette catégoriquement.
Ce détroit, d'une largeur d'environ 30 kilomètres entre l'Iran et Oman, est crucial car 20 % du commerce mondial des hydrocarbures y transitait avant le début des conflits. "Accepter de faire payer l’utilisation d’une voie navigable internationale créerait un précédent dangereux", a déclaré Rubio.
Par ailleurs, la tension entre l'Iran et Oman s'intensifie, le dernier ayant annoncé l'établissement d'un "corridor maritime temporaire" en collaboration avec l'ONU. Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, ont déjà menacé de réagir à toute traversée non autorisée.
Cette escalade ne semble cependant pas affecter le marché pétrolier, les prix ayant retrouvé leur niveau d'avant-guerre, avec le baril de Brent se négociant autour de 72 dollars.
Durant sa tournée aux Emirats, au Koweït et à Bahreïn, Rubio a tenté de rassurer ses alliés du Golfe, souvent exposés aux représailles de Téhéran durant le conflit. "Nous nous assurerons qu'aucune partie de cet accord ne menace la sécurité ou la prospérité de nos partenaires", a-t-il insisté.
Le ministre bahreïnien des Affaires étrangères, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a soulevé les "incertitudes" auxquelles font face ces pays amis. Le 17 juin, l'Iran et les Etats-Unis avaient signé un protocole visant à mettre un terme aux hostilités, ouvrant la voie à des négociations pour un règlement durable dans les prochaines semaines.
Les divergences demeurent cependant majeures, notamment concernant le détroit d'Ormuz et le dossier nucléaire. Les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par l'administration Trump.
La Maison Blanche a également demandé une augmentation budgétaire de près de 88 milliards de dollars pour reconstituer ses munitions.
Sur le plan nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique a affirmé que des inspections en Iran auraient bien lieu, même si aucune date n'a été précisée. Téhéran a nié toute intention de développer des armes nucléaires tout en affirmant son droit à une technologie nucléaire civile.
En outre, l'Iran a accusé l'OTAN de complicité dans la guerre qui l'oppose aux Etats-Unis et à Israël, notamment en raison de l'utilisation de bases militaires italiennes et roumaines par les forces américaines.
D'après Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, cette situation constitue une grave accusation de complicité dans une guerre jugée illégale.
Concernant le Liban, l'inclusion de ce pays dans les négociations est jugée cruciale par l'Iran. Le négociateur en chef iranien a également remarqué que mettre fin aux hostilités au Liban est tout aussi vital que de mettre un terme au conflit sur le sol iranien.
Toutefois, la situation demeure tendue, avec le Hezbollah accusant Israël d'avoir violé le cessez-le-feu après un incident tragique survenu dans le Sud-Liban.







