Le melon, incontournable des tables estivales, subit cette année les effets dévastateurs de la canicule. Si la chaleur est essentielle pour sa culture, les vagues de chaleur excessives posent un réel problème. "Actuellement, les récoltes s'élèvent à seulement 4 000 tonnes par jour, contre 6 000 à 7 000 tonnes habituellement à cette période", précise Jérôme Jausseran, vice-président de l'Association interprofessionnelle du melon et producteur dans l'Hérault.
"Les coupes de soleil rendent certains melons inacceptables sur le marché, affectant leur couleur et leur texture".
Les conditions climatiques extrêmes ont non seulement abîmé les plants, mais ont également perturbé la pollinisation : "Les abeilles ne sortent pas par une chaleur excessive, ce qui pourrait entraîner une baisse de rendement dans les semaines à venir", note Jausseran. De plus, la chaleur intense rend les conditions de travail difficiles pour les saisonniers. "Il est parfois impossible de récolter après midi. Cela affecte notre capacité à ramasser les melons à temps", souligne-t-il.
Prévisions inquiétantes jusqu'à la fin de l'été
Bien que des récoltes aient lieu actuellement pour compenser ces pertes, un manque de disponibilité est à prévoir jusqu'à la fin de l'été. Selon les experts, il reste difficile de prévoir entièrement les impacts de la canicule. Des plantations tardives se font encore pour couvrir les besoins de la fin de saison, mais il faut comptabiliser environ deux à trois mois entre la mise en terre et la récolte.
Le marché du melon, déjà affecté par la météo, pourrait se contracter. À la fin de cette première semaine de juillet, un melon charentais jaune, la variété phare, se négocie en moyenne à 2,94 euros, soit une augmentation par rapport à l'année précédente (2,17 euros). Quant aux melons bio, leur prix reste stable par rapport à 2025, atteignant 3,92 euros.
En 2025, environ 339 000 tonnes de melons ont été récoltées en France, dont 95% cultivées en plein air, selon le ministère de l'Agriculture. La situation reste préoccupante alors que la demande se maintient forte de la part des consommateurs, accentuant les défis des producteurs face à un été caniculaire.







