Volkswagen face à un tournant critique : les ventes en chute libre

Le constructeur automobile affronte une crise de ventes et des tensions internes croissantes.
Volkswagen face à un tournant critique : les ventes en chute libre
©Jens SCHLÜTER, AFP - Des employés du constructeur automobile allemand Volkswagen (VW) manifestent contre la restructuration et les projets de suppressions massives d'emplois à l'usine VW de Zwickau, dan

Le géant automobile Volkswagen a récemment révélé une chute significative de ses ventes mondiales au cours du deuxième trimestre, soulignant l'urgence d'un plan de transformation qui suscite la controverse parmi les employés.

Entre avril et juin, la firme, qui gère dix marques, a livré 2,077 millions de véhicules à l'échelle mondiale, marquant une baisse de 8,6 % par rapport à l'année précédente, après un premier trimestre déjà déficitaire à -4 %, d'après les chiffres publiés vendredi.

Sur la première moitié de l'année, les ventes ont reculé de 6,3 %, totalisant 4,13 millions d'unités.

Le marché chinois, autrefois moteur de croissance pour Volkswagen, a enregistré une dégringolade de 36 % de livraisons durant le second trimestre. En revanche, le constructeur a vu ses ventes progresser en Europe occidentale (+1,8 %) et en Amérique du Nord (+7,7 %).

En 2022, Volkswagen a vendu près de neuf millions de véhicules, soit environ deux millions de moins que lors de ses années de référence.

Cette situation alarmante intervient alors que le président du directoire, Oliver Blume, cherche à mettre en oeuvre un grand plan de réorganisation pour adapter l'entreprise à la montée en puissance de la concurrence chinoise, au ralentissement des demandes, et à la transition vers l'électrique.

- "manque de transparence" -

Selon des informations confirmées à l'AFP, Blume n'a pas réussi à obtenir le soutien du conseil de surveillance pour son projet, désigné sous le nom de "Group Target Picture". En l'absence de commentaires de la part de Volkswagen, plusieurs médias allemands rapportent que ce plan inclurait la fermeture d'usines en Allemagne ainsi que la suppression potentielle de 50 000 emplois dans le monde.

Les syndicalistes et les représentants du Land de Basse-Saxe, l'un des principaux actionnaires, ont exprimé leur ferme opposition à des réductions drastiques de personnel et de site. Des manifestations ont eu lieu récemment en Allemagne, suscitées par le comité d'entreprise et le syndicat IG Metall.

Dans une lettre envoyée aux salariés, les représentants du personnel ont insisté sur le fait que "la transformation doit se faire avec les employés et non contre eux". Ils ont également demandé une clarification sur les suppressions d'emplois envisagées, soulignant que des chiffres alarmants circulaient déjà dans les médias, qualifiés d'"absurdes".

Stephan Bratzel, directeur du Center of Automotive Management, a déclaré à l'AFP que "les armes sont maintenant en train d'être forgées et chacun va de nouveau préciser sa position". Il prévoit que ces discussions pourraient se prolonger sur plusieurs mois, jusqu'à la prochaine négociation de la convention collective du groupe.

Bratzel souligne aussi la lenteur des décisions en Allemagne tout en jugeant inévitable une réduction des capacités de production, notamment avec les sites allemands, connus pour leurs coûts élevés.

- Direction déterminée -

En réponse à la crise, la direction envisage de réduire la capacité annuelle du groupe à neuf millions de véhicules, contre dix millions actuellement, tout en diminuant jusqu'à 50 % le nombre de modèles proposés. Une réduction de la capacité de 500 000 unités est prévue tant en Chine qu'en Allemagne.

Une nouvelle réunion du conseil de surveillance est prévue pour début septembre, selon des sources internes au groupe.

Malgré l'opposition croissante, la direction reste ferme sur sa position. "Le directoire poursuit la transformation du groupe et assume sa responsabilité pour l'avenir durable de l'entreprise avec la restructuration la plus importante de son histoire", a affirmé Oliver Blume vendredi.

Arno Antlitz, le directeur financier, a souligné que Volkswagen ne pourrait continuer à investir dans l'électrique, les logiciels et les nouvelles technologies qu'en procédant à une réduction drastique de ses coûts, simplifiant ainsi son organisation pour améliorer sa rentabilité.

"Volkswagen doit évoluer d'un pétrolier vers une flotte de vedettes rapides", a résumé Bratzel.

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