Les marchés mondiaux évoluent prudemment ce lundi, en proie à un regain de tensions au Moyen-Orient, à la hausse des prix du pétrole, et à une inquiétude croissante dans le secteur technologique. À l'ouverture, la Bourse de New York affichait déjà une baisse de deux de ses trois indices majeurs, le Nasdaq reculant de 1,11 % et le S&P 500 de 0,39 %, tandis que le Dow Jones prenait une légère avance de 0,25 %.
Les indices Nasdaq et S&P 500 sont en train de vivre un mouvement de vente significatif dans le domaine de la technologie et de l'intelligence artificielle, ce qui coïncide avec l'augmentation des prix du pétrole due à l'escalade des hostilités autour du détroit d'Ormuz. Le fabricant de semi-conducteurs sud-coréen SK Hynix, qui a récemment intégré le Nasdaq, subissait une chute de 6,80 %, s'évaluant à 11,43 dollars.
Analogiquement, l'indice Kospi de Séoul, reflet de la confiance envers l'IA, a enregistré un déclin notable de 8,95 %, entraîné par SK Hynix et Samsung Electronics qui a perdu 10,70 %. Neil Wilson, stratégiste chez Saxo Markets, a souligné que "l'adoption de l'intelligence artificielle et le retour sur investissement semblent, selon certaines perspectives, plus lents que prévu par les investisseurs".
En Europe, le secteur technologique n'échappe pas à la tendance baissière : Infineon perdait 4,61 % à Francfort, ASML baisse de 2,19 % à Amsterdam, et STMicroelectronics affichait une perte de 1,53 % à Paris vers 14H00 GMT. Les entreprises du secteur des semi-conducteurs se prépareront à publier leurs résultats prochainement, avec ASML et TSMC en point de mire.
D'après Ipek Ozkardeskaya, analyste financière, ces résultats pourraient être positifs, soutenus par des investissements en intelligence artificielle, mais “la vraie question sera de savoir comment le marché accueillera ces annonces". Pour sa part, Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB, a affirmé que "la demande structurelle pour les puces et la mémoire est énorme", ajoutant que "toute phase de vente pourrait être interprétée comme une opportunité d'achat".
Les marchés européens, moins exposés à la volatilité de la technologie, présentent une tendance plus mitigée, avec Paris en hausse de 0,31 % et Milan à +0,42 %. Londres (-0,01 %) et Francfort (+0,05 %) oscillent autour de leur niveau d'équilibre.
Les tensions géopolitiques se manifestent par des déclarations des Gardiens de la Révolution iraniens, qui ont averti que l'action des États-Unis dans le détroit d'Ormuz met en péril la sécurité de l'approvisionnement mondial en pétrole. En parallèle, le président américain a indiqué que les États-Unis seraient "rémunérés" pour leur rôle dans la protection de cette voie maritime essentielle, qu'ils cherchent à sécuriser face aux frustrations avec l'Iran.
Ces tensions géopolitiques entraînent une nouvelle flambée des prix du pétrole. À 14H00 GMT, le baril de Brent affichait une hausse de 3,57 %, se chiffrant à 78,72 dollars, tandis que le WTI gagnait 3,54 %, atteignant 73,94 dollars le baril. Ipek Ozkardeskaya a observé que cette hausse des cours du brut pourrait exciter des anticipations d'inflation, contribuant à l'augmentation des taux d'intérêt des dettes étatiques.
En termes de rendement, le taux à dix ans allemand, considéré comme un baromètre en Europe, atteignait 3,09 %, alors que son équivalent français estimait à environ 3,86 %.
- Résultats et indicateurs -
Alors que la journée d’aujourd’hui semble peu chargée en événements, la semaine s’annonce dense avec le début de la saison des résultats. Aux États-Unis, ce cycle débutera avec les grandes banques telles que Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan et Wells Fargo.
Un autre événement majeur à suivre est la publication mardi de l’indice des prix à la consommation pour juin, un indicateur crucial pour l'orientation future de la politique monétaire de la Réserve fédérale. Cette dernière doit aussi se prononcer cette semaine, avec un accent mis par son président Kevin Warsh sur le combat contre l'inflation, exacerbée par les conflits au Moyen-Orient.







