Emmanuel Macron s'engage à ne pas démissionner et à agir jusqu'à la dernière minute

Dans un contexte tendu, Macron affirme son engagement et évoque des priorités cruciales.
Emmanuel Macron s'engage à ne pas démissionner et à agir jusqu'à la dernière minute

Moins de dix minutes pour tenter de reprendre le contrôle. Mercredi soir, Emmanuel Macron a profité de sa neuvième allocution de vœux aux Français pour balayer les spéculations sur un départ prématuré et inciter son gouvernement à sortir de l’impasse budgétaire.

Dans un cadre sobre, au salon des ambassadeurs à l'Élysée, le président a choisi un ton dépouillé pour délivrer un message de résistance institutionnelle. Face à un sentiment de blocage qui s'est installé depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, il a affirmé que « le pays tient », en citant des indicateurs positifs concernant la croissance, l'emploi et la recherche.

Cette allocution se déroule dans un climat où les « désordres du monde » sont présents, avec la résurgence des empires, des guerres commerciales et le conflit en Ukraine. Emmanuel Macron a reconnu les tensions internes en partageant certaines inquiétudes des Français, notamment celles relatives à la baisse de la natalité et au pouvoir d’achat. Dans ce contexte, il a posé un préalable inébranlable : un budget doit être adopté rapidement pour éviter un enlisement total. Des experts, tels que l'économiste Philippe Martin, soulignent l'importance d'un budget dynamique pour relancer la croissance.

L’urgence budgétaire comme levier contre l’inertie

Le chef de l'État entend prouver que l'action publique est toujours présente. Pressé de sortir du marasme actuel, le gouvernement est encouragé à attaquer des sujets cruciaux tels que la lutte contre le narcotrafic, la gestion de l'immigration illégale et les défis posés aux agriculteurs. Le dossier du Mercosur pourrait également soulever de nouvelles tensions dès janvier. Emmanuel Macron a mis en avant la santé, la formation des enseignants et la décentralisation comme des priorités, rendant aussi hommage aux maires, en vue des prochaines élections municipales.

2026 est perçue comme une étape « utile » pour son quinquennat, articulée autour de trois grandes réformes : l'introduction du service militaire volontaire, la régulation de l’accès des adolescents aux écrans et réseaux sociaux, et la poursuite du projet sur la fin de vie. Ces mesures doivent constituer le cœur de l'activité parlementaire à venir.

Pas de démission prématurée

Alors que l'échéance de 2027 s'approche, Emmanuel Macron a tenu à clarifier sa position. Conscient de son affaiblissement politique, il a répondu fermement à ceux appelant à sa démission : il assure qu'il exercera ses fonctions « jusqu’à la dernière seconde ». Pour la première fois en dix ans, le président a précisé qu'il ne sera pas candidat lors des élections, mais s'est engagé à veiller à l'intégrité du scrutin face aux ingérences étrangères.

Son allocution s'est articulée autour de trois valeurs : unité, force et espoir. Il a dénoncé l'augmentation des actes racistes et antisémites, tout en appelant à une « bienveillance » renouvelée. Concernant la souveraineté nationale, il a plaidé pour une Europe de la défense plus dynamique, citant une réunion importante concernant l'Ukraine programmée pour le 6 janvier. Il a incité les Français à « résister à l’air du temps » et à embrasser la nécessité de réformes à long terme.

Une audience en recul, une opposition à l’offensive

Cependant, l'allocution a captivé moins de spectateurs que les années précédentes. Selon Médiamétrie, seuls 8,9 millions de téléspectateurs ont suivi le discours, contre 9,7 millions en 2024 et plus de 10 millions en 2023. Ce désintérêt relatif est amplifié par une offensive coordonnée de l'opposition. Marine Le Pen a qualifié 2025 d’« enlisement » et dénoncé ce qu'elle considère comme une « confiscation institutionnelle ». Elle appelle déjà à préparer une « grande alternance » pour 2027.

À gauche, les critiques ne sont pas moins sévères. François Hollande a exprimé, via un message publié sur X, ses inquiétudes face à une France « enlisée par la confusion politique », tandis que Jean-Luc Mélenchon a qualifié le discours de « litanie d’annonces cent fois trahies ». Pour le leader de La France insoumise, le lien entre le Président et le pays est irrémédiablement « cassé ». Malgré la volonté apparente de l’Élysée d’afficher un cap, la réalité politique semble désormais dictée par la course à la succession.

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