La Banque de France a récemment tiré la sonnette d'alarme concernant une hausse significative du surendettement parmi les jeunes, en raison de la popularité croissante des minicrédit et des paiements échelonnés. En 2025, près de 17 000 demandes de dossiers de surendettement ont été soumises par des individus de moins de 30 ans, marquant une hausse de 36 % par rapport à l'année précédente. Ce phénomène s'avère particulièrement préoccupant chez les 18-25 ans, où environ 5 000 cas ont été enregistrés, représentant une augmentation de 65 % en un an. Dans cette catégorie, les femmes et les jeunes sans emploi sont les plus touchés.
« Leur endettement se caractérise par une proportion de crédits à la consommation plus élevée que celle de l'ensemble des surendettés […] bien que leur endettement médian en matière de crédit à la consommation soit moins important », a déclaré Hélène Arveiller, directrice adjointe des services aux particuliers à la Banque de France. « Un tiers des dossiers de surendettement comportant des paiements fractionnés ou des minicrédit provient de jeunes de moins de 35 ans », a-t-elle ajouté, évoquant un phénomène en forte croissance.
Des dettes principalement auprès de créanciers privés
Au total, 148 013 dossiers de surendettement ont été enregistrés en 2025, traduisant une hausse d'environ 10 % et atteignant des niveaux inédits depuis 2018. Selon la Banque de France, cette hausse s'explique par le contexte économique et social actuel, marqué par la pauvreté, l’inflation et le chômage, ainsi que par des événements personnels tels que les pertes d'emploi ou les problèmes de santé. L'Association des sociétés financières a également exprimé, fin janvier, une « tendance marquée à la hausse des premiers impayés » et une augmentation des demandes de report sur les crédits à la consommation.
Les dettes sont principalement contractées auprès de créanciers privés, comme les banques, ainsi que de certains organismes publics et bailleurs. En 2025, plus de la moitié des dossiers clos ont résulté en un effacement total ou partiel des dettes, représentant un montant global de 1,3 milliard d'euros, soit environ 20 000 euros par dossier. Hélène Arveiller a ajouté : « Le délai entre le dépôt d'un dossier et la résolution est en moyenne de quatre mois. »







