Face à la contestation de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne, Emmanuel Macron a déclaré, samedi 21 février 2026, que « c'est un moment où tout le monde doit être derrière la ferme française, pas un moment de division ». Ce message fort est survenu lors d'un Salon de l’agriculture marqué par des tensions et des absences notables.
Le président a débuté sa visite en s'intéressant au stand d'André Prosper, éleveur martiniquais, qui avait initialement prévu d'exposer sa vache brahman, Biguine, absente suite à des contraintes logistiques. Pour pallier cette absence, un hologramme de l'animal sera présenté au public, un geste symbolique pour mettre en avant cette race aux origines indiennes.
Emmanuel Macron a également promis des rencontres avec les différents syndicats, en se montrant ouvert à l'idée de discuter avec « chacun des syndicats qui le souhaite ». Dans un contexte tendu, il a insisté sur la nécessité d'unir les forces pour soutenir l'agriculture française.
Alors que certaines organisations agricoles avaient prévu de boycotter le petit-déjeuner traditionnel avec le chef de l’État, des représentants de la Coordination rurale, dont son président Bertrand Venteau, ont finalement accepté de s'entretenir avec lui. « Il y a la période de la guerre syndicale et la période où on doit construire », a affirmé M. Venteau, appelant à la collaboration entre syndicats.
Une vitrine contestée
Tandis que la Coordination rurale et la Confédération paysanne ont chacun un stand, elles ont souligné leur volonté de ne pas faire de cet événement une simple vitrine, dénonçant la « cogestion » entre la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) et le gouvernement. Thomas Gibert, porte-parole de la Confédération paysanne, a exprimé l’idée que le Salon ne devrait pas masquer les crises actuelles, en déclarant qu'il ne se sentait pas obligés de « sauver » le gouvernement de cette situation difficile.
Les syndicats FNSEA et Jeunes Agriculteurs, continuant de dominer la scène agricole, ont néanmoins pris part à la rencontre matinale avec Macron, espérant des orientations claires pour l'agriculture à l'approche des élections présidentielles de 2027.
Malgré le contexte, les dirigeants syndicaux restent optimistes quant à l'implication du président dans les futures négociations budgétaires concernant la politique agricole commune, que Macron a promis de défendre.
Une ambiance tendue au salon
Les agriculteurs, en proie à des tempêtes successives et à des crises sanitaires, ne sont pas d'humeur festive. Trois hivers consécutifs de manifestations pour une meilleure reconnaissance de leurs difficultés ont pesé sur l'ambiance de cette édition. La gestion récente de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest a exacerbé les tensions, combinée à des inquiétudes concernant des accords de libre-échange nuisibles.
« Grâce aux efforts du gouvernement, nous commençons à voir des résultats contre la dermatose », a assuré Emmanuel Macron. Cependant, les agriculteurs restent inquiets et décident d'ignorer les appels à participer au Salon sans leurs animaux, sentant que la problématique des abattages massifs de troupeaux n'est pas entendue.
Les récentes inondations et tempêtes n'ont fait qu'ajouter à l'inquiétude ambiante, rendant difficile le recrutement de bénévoles pour le Salon. Les organisateurs prennent des mesures pour préserver la convivialité et l’esprit familial de l'événement, même sans les bovins, stars attendues d'un tel rassemblement.







