Après les déclarations controversées de Monique Barbut concernant l'utilisation de la taxe destinée à financer les digues, Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire, a plaidé pour une réévaluation de cette taxe face à la multiplication des événements climatiques extrêmes.
La question qui se pose est : qui supportera le coût ? La polémique s'intensifie, à mesure que les crues touchent de plus en plus de communes. Lors d’une interview, Françoise Gatel a évoqué la nécessité de « faire une évaluation » de la taxe Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) qui a été mise en place pour financer l’entretien des 1 500 km de digues gérées depuis 2024 par les collectivités, plutôt que l’État.
« Personne n’a dit que les élus n’ont pas fait ce qu’il fallait », a-t-elle souligné, tentant de tempérer les tensions engendrées par les propos de sa collègue. Monique Barbut avait précédemment déploré que de nombreuses collectivités n’exploitent pas pleinement cette ressource. L’Association des maires de France et Intercommunalités de France ont dénoncé ces insinuations comme étant infondées et déloyales.
Gatel a, cependant, fait état des retours des collectivités, qui indiquent que la taxe Gemapi de 40 euros par habitant par an ne couvre pas les besoins engendrés par des événements climatiques de plus en plus fréquents. « Il faut prendre des mesures adaptées », a-t-elle déclaré, appelant à une réflexion globale sur le sujet.
Bien que les modalités d'une telle évaluation restent floues, Gatel a confirmé que le sujet avait été abordé lors d’une réunion à Matignon consacrée aux inondations.
« Certaines intercommunalités disposent de moyens techniques et financiers importants »
Le ministère de la Transition écologique a précisé que les affirmations de Monique Barbut n’avaient pas pour but de pointer du doigt les collectivités, mais d’attirer l’attention sur les défis et la fragilité du système actuel de prévention des inondations.
« Alors que certaines intercommunalités possèdent des ressources considérables, d’autres, en particulier les plus petites, peinent à financer les investissements nécessaires pour renforcer leurs infrastructures », a ajouté le ministère dans un communiqué.
Un rapport du Sénat de juin 2025 sur la taxe Gemapi a mis en lumière un « manque structurel de solidarité » dans son financement, proposant la création de deux fonds. Le premier distribuerait les financements selon des critères objectifs tels que la longueur des digues ou le niveau de risque, tandis que le second préleverait une portion de cette recette pour soutenir les collectivités moins dotées.







