D'après un rapport d'un think tank finlandais, bien que la Russie ait augmenté ses exportations de pétrole brut en 2025, ses revenus ont chuté de 18 % par rapport à l'année précédente, atteignant 85,5 milliards d'euros. Ce déclin est attribuable aux sanctions occidentales imposées depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.
La Russie exporte désormais 6 % de pétrole brut en plus par rapport à la période d’avant-guerre, malgré un recul général des recettes. En effet, cette tendance illustre la détermination de Moscou à maintenir ses échanges, notamment avec des partenaires comme la Chine, l’Inde et la Turquie, qui absorbent 93 % de son brut, selon le Centre pour la recherche sur l'énergie et la propreté de l'air (CREA).
Pour contourner les sanctions, la Russie dispose d'une "flotte fantôme" de 600 à 1 400 navires, permettant d'échapper à la vigilance des autorités occidentales. Cependant, cette stratégie de dissimulation se heurte à des difficultés, car les prix du pétrole sont bradés, rendant les revenus insuffisants pour soutenir l’effort militaire.
« Nous avons constaté une baisse significative des revenus générés par les exportations russes de combustibles fossiles, en raison des nouvelles mesures et d'une application plus stricte des sanctions », explique Isaac Levi, analyste au CREA.
La Hongrie et la Slovaquie augmentent leurs achats
Alors que l'Europe impose des sanctions, la Hongrie et la Slovaquie continuent d'importer du pétrole russe à un rythme accru, avec une hausse de 11 % observée sur les dix premiers mois de 2025. Selon Levi, des failles dans le système de sanctions persistent, notamment des pratiques de fausse immatriculation et la réexportation de produits raffinés.
« Nous proposons d'interdire les importations provenant de toute raffinerie ou terminal de stockage ayant reçu une cargaison de pétrole russe au cours des six derniers mois », propose M. Levi.
Le rapport recommandent également que l'UE et le Royaume-Uni prennent des mesures pour intercepter la flotte fantôme, jugée préoccupante tant sur le plan environnemental que sécuritaire. Les sanctions visent actuellement 598 navires suspectés d’appartenir à cette flotte, leur interdisant l'accès aux ports et aux services maritimes européens.
Cette situation illustre une réalité complexe, où les sanctions n'atteignent pas toujours leur objectif principal, laissant la Russie et certains de ses partenaires dans une dynamique d'échanges persistante malgré l'isolement économique. Alors que la guerre continue, l’impact des décisions politiques sur l’économie mondiale reste à observer de près.







