Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, marquées par le conflit en Iran, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep+) va se réunir ce dimanche pour envisager une éventuelle augmentation de sa production. Cette réunion rassemblera des pays clés, dont l'Arabie saoudite, l'Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït et l'Algérie, ainsi que des alliés comme la Russie, le Kazakhstan et Oman. Fait notable, l'Iran ne sera pas présent.
La montée en flèche des tensions, accentuée par les frappes américaines et israéliennes de ce week-end, a rendu la hausse prévue des quotas encore plus pertinente aux yeux des analystes. En effet, les voies d'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, un axe stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, sont gravement menacées. Selon des experts, la guerre pourrait également impacter la production pétrolière iranienne.
Depuis le début de l'année, les pays de l'Opep+ avaient déjà augmenté leurs quotas d’environ 2,9 millions de barils par jour d'ici 2025, mais cette tendance a été mise en pause en raison d'une chute des prix du brut. Le baril de Brent, référence mondiale, a cependant vu son prix remonter à plus de 72 dollars, sur fond d'accroissement de l'incertitude géopolitique.
Les problèmes d'approvisionnement ont également été exacerbés par des aléas climatiques, tels que le froid aux États-Unis en janvier, ainsi que des perturbations en Russie et au Kazakhstan, mettant en lumière la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement actuelles, selon Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
- Vers un baril à 120 dollars ? -
Avant l'escalade des tensions, le marché anticipait une hausse modeste des quotas, à hauteur de 137 000 barils par jour. Toutefois, en raison de la guerre, cette augmentation pourrait avoir un impact marginal sur les prix, qui, selon l'analyste Homayoun Falakshahi, pourraient grimper au-delà des 120 dollars en cas de prolongement du conflit.
La fermeture potentielle du détroit d'Ormuz pourrait se traduire par une perte de 20 millions de barils par jour sur le marché. Les alternatives sont rares : seuls l'Arabie saoudite et les Émirats disposent d'infrastructures permettant de contourner le détroit, mais leur capacité est limitée à 2,6 millions de barils par jour, comme l'indique l'Agence américaine de l'Énergie.
De plus, la situation demeure incertaine quant à l'emprunt du canal de Suez par les pétroliers, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur le marché. Bien qu'il y ait des appels à une augmentation des quotas, certains analystes, dont Falakshahi, pensent que l'Opep+ pourrait choisir de ne pas modifier ses plans avant d'évaluer les répercussions concrètes du conflit.
Pour l'Opep+, l'ajout de barils serait également une manière de regagner des parts de marché face à des concurrents comme les États-Unis, le Canada, le Brésil ou le Guyana. Toutefois, il est à noter que seuls quelques pays de l'Opep+, comme l'Arabie saoudite et les Émirats, ont une réelle capacité d'augmentation de production, tandis que d'autres, comme la Russie, voient leur production diminuer, perdant ainsi des parts sur des marchés comme l'Inde, comme le mentionne Falakshahi.
Dans ce climat tendu, même une modestie hausse de 137 000 barils pourrait ne pas se concrétiser, et certains experts estiment que l'augmentation réelle serait bien inférieure à la moitié de cette prévision, conclut Jorge Leon de Rystad Energy.







