Sous pression des partis d'opposition, le gouvernement français se retrouve sur la sellette alors que les prix des carburants flambent en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Jeudi, il a tenu à clarifier sa position, affirmant qu'il n’était pas le "grand gagnant" de cette situation.
Mercredi, le ministère de l'Économie avait alerté sur les premières hausses du litre de carburant, répercutées sur les automobilistes. Le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI) n'ont pas tardé à critiquer le gouvernement, l’accusant de ne pas faire suffisamment pour contrer cette tendance.
Marine Le Pen, cheffe des députés du RN, a proposé de réduire les taxes sur les carburants pour amortir les hausses, plaidant pour une baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur les carburants, le fioul et le gaz. Son interlocuteur, Jordan Bardella, a également insisté sur la nécessité d'une réduction des taxes en cas de flambée, affirmant que "l'État ne peut pas s'enrichir sur le dos de la crise".
De son côté, Éric Coquerel, président de la commission des Finances à l'Assemblée, a suggéré au gouvernement d'envisager un blocage des prix de l'essence et d'ajuster les taxes si la situation se détériorait davantage. Rappelons que cette question des prix de l'énergie reste un sujet brûlant dans le paysage politique français, surtout après la crise énergétique de 2022, lorsque le prix du litre dépassait les 2 euros.
Pourtant, le gouvernement s'oppose fermement à toute modification des taxes nécessaires au budget national. Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie, a qualifié de "déraisonnable" toute réduction de TVA ou de TICPE, évoquant un manque à gagner de près de 20 milliards d'euros pour l'État.
Bercy a également soutenu que la majorité des recettes fiscales liées aux carburants ne dépendent pas uniquement du prix du pétrole. Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U, a mentionné que plus de 51% du prix payé à la pompe revient à l'État. Selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip), le prix du litre se compose d'environ 30% de coûts de matières premières, 50 à 55% de taxes, et 15 à 20% de coûts de distribution.
L’entourage de Roland Lescure, ministre de l’Économie, a critiqué le RN pour exploiter cette question à des fins politiques. Une réunion a eu lieu avec les distributeurs de carburant pour garantir qu'ils ne pratiqueraient pas de hausses excessives, et Lescure a appelé à l'unité pendant cette crise, demandant aux parties prenantes de ne pas se renvoyer la responsabilité des augmentations.
L'UFIP a assuré qu'il n'y avait pas de craintes concernant l'approvisionnement, même si une "répercussion rapide" des hausses des prix du baril sur le prix à la pompe était anticipée, plus marquée sur le gasoil. Les derniers chiffres de Bercy indiquent qu’en moyenne, le litre de SP-95/E10 se vendait à 1,78 euro, une augmentation de 7 centimes depuis le début de la guerre.







