La Bourse de New York a connu un nouveau coup dur jeudi, alors que les angoisses géopolitiques s'intensifient avec le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. La récente flambée des prix du pétrole soulève des craintes sur une nouvelle escalade de l'inflation.
Le Dow Jones a enregistré une chute de 1,61 %, après avoir perdu plus de 2 % en cours de séance. L'indice Nasdaq a également reculé de 0,26 %, tandis que l'indice élargi S&P s'est replié de 0,56 %.
Les frappes militaires se poursuivent au Moyen-Orient et le détroit d'Ormuz, qui représente environ 20 % de la production mondiale de pétrole ainsi qu'une proportion similaire de gaz naturel liquéfié, reste paralysé.
En conséquence, les prix du brut ont atteint des sommets inégalés depuis près de deux ans. Depuis le début du conflit, les tarifs ont grimpé de près de 20 %.
Jose Torres, expert chez Interactive Brokers, souligne que Wall Street s'interroge de plus en plus sur les implications d'une inflation possiblement plus persistante.
Les investisseurs sont inquiets d'une hausse durable des prix de l'énergie, qui se traduirait par des coûts plus élevés pour les consommateurs. Patrick O'Hare de Briefing.com fait remarquer : "Cela va se traduire par une augmentation des prix de l'essence, alors que les ménages luttent déjà avec le coût de la vie."
Une telle inflation pourrait également forcer la Réserve fédérale américaine à retarder des baisses de taux, auxquelles beaucoup d'investisseurs aspirent. En général, les acteurs du marché voient d'un bon œil la perspective de politiques monétaires plus laxistes, capables de revitaliser la croissance économique.
Les attentes vont désormais vers une potentielle baisse de taux au troisième trimestre, lors de la réunion de juillet ou septembre, alors qu'il y a quelques semaines, le consensus était plutôt axé sur juin.
Ces préoccupations pèsent également sur les taux d'intérêt obligataires. Le rendement des emprunts d'État à 10 ans a grimpé à environ 4,13 %, contre 4,10 % la veille et 3,94 % avant le conflit.
En ce qui concerne les indicateurs économiques, tout le monde attend la publication, ce vendredi, des chiffres officiels sur l'emploi aux États-Unis. Alors que ce rapport est habituellement scruté de près, la tendance des prix du pétrole pourrait en atténuer l'importance, comme l'indique O'Hare.
Parmi les valeurs, la société de semi-conducteurs Broadcom (+4,79 %) a vu ses actions grimper à 332,74 dollars après avoir annoncé des résultats supérieurs aux attentes pour son premier trimestre. Ses prévisions de chiffre d'affaires atteignant 22 milliards de dollars pour le trimestre actuel ont également séduit les investisseurs.
En revanche, Victoria's Secret a plongé de 12,11 % à 52,74 dollars malgré des résultats trimestriels meilleurs qu'anticipés, les investisseurs s'inquiétant d'une augmentation des dépenses.
Enfin, la plateforme de marketing digital The Trade Desk a vu ses actions bondir de 18,36 % à 29,79 dollars, suite à un rapport de The Information évoquant des discussions avec OpenAI, le créateur de ChatGPT, pour la vente d'espaces publicitaires.







