Elon Musk, pris dans l'œil du cyclone judiciaire, doit se défendre au tribunal de San Francisco face à des investisseurs qui l'accusent d'avoir manipulé la bourse pendant son acquisition de Twitter, désormais X Corp. L'élément déclencheur? Un tweet controversé qui affirmait que l'achat était "temporairement suspendu", entraînant une chute brusque du cours de l'action de la plateforme.
L'affaire remonte à 2022, au moment où Musk signait un contrat de rachat de 44 milliards de dollars. À peine quelques semaines après cet accord, il sème le doute sur l'acquisition en utilisant son compte Twitter. Son message, insinuant que Twitter doit prouver que moins de 5% de ses comptes sont des bots, a fait chuter l'action de près de 9% dès l'ouverture du marché.
Une inquiétude ou une manœuvre ?
Les investisseurs affirment que ce tweet n'était pas qu'une simple préoccupation légitime face à la montée des comptes faux sur le réseau social. Ils pensent qu'il s’agissait d'une stratégie délibérée pour faire pression sur la direction de Twitter afin de renégocier le prix d'achat à la baisse. Musk, quant à lui, soutient qu'il n'a fait que partager ses inquiétudes, estimer que l'on a surinterprété ses paroles. Mais un avocat de la partie plaignante n'hésite pas à le qualifier de "manipulateur" qui exploite son statut pour influencer les marchés.
Des courriels de banques suggèrent qu’il pourrait avoir utilisé des stratégies de négociation agressives en menant une "campagne de dénigrement". Selon ces échanges, les banquiers ont conseillé à Musk de se montrer prêt à abandonner l'accord pour obtenir une baisse de prix. La menace de se retirer, indiquent-ils, pourrait inciter Twitter à accepter des conditions moins favorables.
Les conséquences d'un tweet impulsif
"Ce n’était peut-être pas mon tweet le plus judicieux", admet Musk, reconnaissant que ses messages peuvent avoir des impacts imprévisibles.
Alors que Musk se défend dans le tribunal, la question demeure : ses tweets représentent-ils une inquiétude légitime ou étaient-ils parte d'une manœuvre bien orchestrée? Les plaignants espèrent obtenir des milliards en dommages-intérêts, une somme qui pourrait peser lourd dans la balance financière de Musk.
Finalement, malgré cette turbulence judiciaire et médiatique, Musk a réussi à finaliser l'achat de Twitter au prix convenu de 54,20 dollars par action, prouvant que les investissements dans les réseaux sociaux restent aussi incertains que potentiellement lucratifs.







