Le 18 février, la décision du Conseil de déontologie journalistique (CDJ) de Belgique a fait grand bruit. Le média 21News a été sanctionné pour avoir retranscrit le discours du vice-président américain JD Vance à la conférence de sécurité de Munich le 14 février 2025. Selon le CDJ, la publication a permis à Vance de « déployer ses éléments de langage sans distance ni réaction », ce qui pourrait conduire à des attitudes hostiles envers les migrants et à des actes de discrimination.
La question qui se pose est : retranscrire un discours peut-il être passible de sanctions ? Cette affaire souligne la tension entre les principes déontologiques et la couverture des discours d'autorités étrangères. D'après Le Point, le CDJ a noté que 21News aurait dû contextualiser et vérifier les déclarations de Vance, plutôt que de les publier sans critique.
Dans son avis, le CDJ précise que le média aurait dû adopter une approche plus analytique, en rectifiant certains contenus potentiellement problématiques. Ainsi, il juge que la retranscription a offert une tribune à la droite nationaliste, ce qui soulève des préoccupations quant à l'intégrité et à la responsabilité journalistique.
Le directeur de 21News, Eric Dujardin, a contesté cette décision, affirmant que retranscrire un discours ne signifie pas y adhérer. Il a aussi souligné que le média avait donné la parole à des critiques de l'administration américaine. Cependant, il a également exprimé que cette sanction pourrait renforcer les propos de Vance, qui dénonçait le recul de la liberté d'expression en Europe. Il a déclaré : "En nous condamnant pour avoir publié ce discours, le CDJ montre, sans le vouloir, que ses inquiétudes sont fondées."
Cette situation pose des questions cruciales sur le rôle des médias en matière de relais d'information et de responsabilité face aux discours politiques, en particulier dans un contexte où la liberté d'expression est souvent mise à l'épreuve.







