Ce jour-là, les salariés, bien que présents sur le site, ont choisi de s'installer à l'entrée, marquant leur préoccupation sans bloquer l'accès. En effet, l'activité s'est fortement réduite, laissant de nombreux employés sans tâches à accomplir. Romuald Lefevre, délégué CGT avec 23 ans d'ancienneté, a témoigné de la grave dégradation de la situation : “Nous avons reçu plusieurs signaux alarmants à la fin de l'année dernière, mais ce mois de janvier a été catastrophique, avec la perte de presque tous nos clients en l'espace de trois semaines”.
Cette montée des difficultés se ressent dans le quotidien des salariés. Romuald Lefevre a également souligné que l’entreprise a interrompu l’accès aux cartes de gazole et de péage, rendant impossible la circulation des camions. Aurore Tolmer, conductrice, a reçu des instructions pour rester chez elle, sans savoir quand elle pourra reprendre le travail. Samuel, employé depuis sept ans, a décrit un sentiment désespérément frustrant : “Chaque jour, je viens ici et il n'y a rien à faire”.
“J’ai des gamins à nourrir” - Samuel
Le siège social de Ziegler est situé à Roncq (Nord), et la décision finale sur l'avenir de l'entreprise dépendra du tribunal de commerce de Lille. Romuald Lefevre s'est montré sceptique quant à la mise en œuvre d'un plan de redressement dans une société quasiment à l'arrêt : “Mettre en place un plan pour une entreprise qui ne fonctionne pas, je ne vois pas comment cela pourrait marcher”. Samuel partage ce sentiment : “Je suis un peu perdu. Si ça ne redémarre pas, je devrai envisager des alternatives pour nourrir mes enfants”.
Le seul espoir qui reste aux salariés serait l'apparition d'un repreneur pour l'une des agences Ziegler, notamment celle récemment inaugurée à Saint-Martin-des-Entrées, qui avait été présentée comme un signe d'un avenir prometteur pour l'entreprise.







