La France, préoccupée par l'engagement climatique de l'Inde, a averti lundi qu'elle pourrait bloquer des financements européens destinés à la décarbonation de ce pays, si New Delhi échoue à respecter ses promesses en matière de climat.
Dans une récente déclaration à l'AFP, Monique Barbut, ministre française de la Transition écologique, a exhorté l'Union européenne à adopter une position plus stricte face à l'inaction climatique des nations émergentes.
Elle a notamment ciblé l'Inde, qui a récemment conclu un accord de libre-échange avec l'UE. Lors d'une réunion entre les représentants des États européens, il a été rapporté qu'une partie de cet accord incluait une aide de 500 millions d'euros pour la décarbonation de l'Inde, une information qui a surpris certains pays.
« Cette proposition est actuellement mise en attente. Certains pays ont exprimé des préoccupations quant à la découverte tardive de cet aspect de l'accord », a expliqué Barbut.
La ministre a poursuivi en indiquant qu'elle avait écrit à la Commission européenne pour s'opposer à un tel financement tant que l'Inde n'aura pas soumis une NDC (contribution nationale déterminée), conformément à ses obligations, et qu'elle n'adoptera pas une attitude différente dans les négociations claires avec l'UE.
Les NDC désignent les plans climatiques que les pays sont censés mettre à jour tous les cinq ans dans le cadre de l'Accord de Paris de 2015. Cependant, plus de 60 pays, notamment l'Inde, l'Égypte et les Philippines, n'ont pas respecté la date butoir fixée par l'ONU l'année dernière pour la publication de leurs derniers plans.
De manière plus générale, Monique Barbut a plaidé pour que l'Union européenne améliore sa stratégie dans les négociations climatiques, en adoptant une approche plus transactionnelle et assertive : « Cela signifie clairement que nous ne soutiendrons financièrement que ceux qui prennent des engagements sérieux dans le cadre de l'Accord de Paris », a-t-elle déclaré.
Les ministres de l'Écologie des Vingt-Sept doivent se réunir mardi à Bruxelles pour discuter de la diplomatie climatique de l'UE, et les décisions qui y seront prises pourraient bien redéfinir les relations entre l'Europe et l'Inde sur cette question cruciale.







