Jeudi, les principales Bourses européennes ont enregistré une baisse de plus de 2%, perturbées par l'envolée des prix de l'énergie alors que la Banque centrale européenne (BCE) s'apprête à communiquer sur les marchés dans l'après-midi.
À 12H35 GMT, Francfort affichait le plus important recul avec une baisse de 2,90%, suivie par Londres (-2,75%) et Milan (-2,66%). Le CAC 40, indice phare français, perdait 2,12%.
Wall Street devrait suivre cette tendance négative, avec des contrats à terme sur les trois principaux indices en recul (-0,53% pour le Dow Jones, -0,72% pour le Nasdaq et -0,57% pour l'indice composite S&P 500).
Alors qu'une légère atténuation se manifestait dans la matinée, la hausse des prix du pétrole et du gaz continuait d'inquiéter les investisseurs. À cette heure-ci, le baril de Brent, référence mondiale, était échangé à 113,48 dollars, enregistrant une hausse de 5,68% par rapport à la veille, tandis que le WTI américain valait 97,19 dollars (+0,90%).
De plus, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne pour le gaz naturel, a vu son prix bondir de près de 20% pour atteindre 65,349 euros le mégawattheure.
Les métaux précieux ont également subi des pertes : l'or a reculé de 5% et l'argent de 11% ce jeudi.
Vincent Mortier, directeur des gestions d'Amundi, a déclaré en direct sur Bloomberg TV que les marchés commençaient à envisager une résolution du conflit au Moyen-Orient dans plusieurs mois plutôt que dans quelques semaines. Cette estimation est alimentée par des frappes récentes sur des sites pétroliers et gaziers dans la région.
L'analyste John Plassard, de Cité Gestion Private Bank, a souligné que l'escalade des tensions géopolitiques avait atteint un nouveau pic. Neil Wilson, analyste chez Saxomarkets, a quant à lui observé que « la peur prédomine sur les marchés », faisant le lien entre les attaques contre les infrastructures de GNL au Qatar et l'attitude prudente de la Réserve Fédérale.
Les récents conflits ont également vu Israël frapper le champ gazier de South Pars en Iran, déclenchant des représailles de Téhéran, qui a menacé des nations du Golfe après avoir attaqué le terminal de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan au Qatar. De plus, des attaques de drones ont enflammé deux raffineries au Koweït ce matin.
La Banque d'Angleterre (BoE) a maintenu son taux directeur à 3,75%, repoussant au loin son retour à l'objectif d'inflation, surtout en raison de la hausse des prix de l'énergie causée par le conflit au Moyen-Orient. Andrew Bailey, gouverneur de la BoE, a alerté sur une augmentation des factures d'énergie pour les ménages en raison de cette crise géopolitique.
De son côté, la Fed a laissé son taux directeur inchangé, mettant toutefois en garde sur les impacts incertains des événements au Moyen-Orient sur l'économie américaine, notant que la montée des prix de l'énergie pourrait faire grimper l'inflation.
Les marchés se tournent désormais vers la réunion de la BCE prévue pour cet après-midi. Comme la Fed, la BCE ne devrait pas relever ses taux, mais le message de Christine Lagarde sera scruté. L'analyste Ipek Ozkardeskaya prévoit que le communiqué de la BCE pourrait indiquer un resserrement de la politique monétaire plus tard cette année, selon l'évolution du conflit et son impact sur les prix du pétrole.
Sur le marché obligataire, les taux d'intérêt ont également augmenté, atteignant 2,98% pour les emprunts allemands, contre 2,94% lors de la clôture de la veille, tandis que le rendement français a grimpé à 3,68% contre 3,60% précédemment.







