Ce dimanche 22 mars, le second tour des élections municipales à Paris verra s'affronter trois listes, avec Emmanuel Grégoire (PS) initialement en tête. Cependant, le retrait de Sarah Knafo (Reconquête!) pourrait changer la donne en faveur de Rachida Dati (LR).
Seuls trois des cinq candidats tirés du premier tour participeront à ce scrutin, plaçant Rachida Dati dans une position d'avantage face aux candidats de la gauche. Elle est désormais la seule représentante de la droite après la fusion de sa liste avec celle de Pierre-Yves Bournazel, qui a recueilli 11,34 % des voix. Bien que ce dernier ait décidé de ne pas participer à la suite, son soutien pourrait s'avérer crucial pour Dati.
En outre, le retrait inattendu de Knafo, qui obtint 10,40% des voix au premier tour, se révèle être une manœuvre surprenante qui pourrait donner un coup de pouce à la candidate LR. "Je peux affirmer que la droite se réunit comme jamais pour tenter de remporter la mairie de Paris," a déclaré Nelly Garnier, porte-parole de Dati, sur la plateforme X.
Emmanuel Grégoire, pour sa part, ne voit pas ses chances s'améliorer et a exprimé des réserves quant à toute alliance avec l'extrême gauche, déclarant que "la droite se compromet dans une aventure risquée avec l'extrême droite."
Dati, une candidate revitalisée
Selon Stéphane Zumsteeg de l'institut Ipsos-BVAC, la dynamique a radicalement changé en faveur de Dati. "Ce retournement remet Dati sur le devant de la scène. Sa position de départ a beaucoup évolué, rendant la victoire plus difficile à prédire". Il estime que Dati pourrait voir un afflux important des voix de Knafo, plus conséquent que celui de Bournazel.
Le calcul mathématique ne manque pas de souligner que Dati pourrait potentiellement augmenter ses voix de 207 613 à 384 870, dépassant ainsi le score d’union de la gauche.
A l'opposé, Grégoire, qui a résolument exclu tout rapprochement avec Sophia Chikirou, ne semble pas avoir les mêmes ressources pour mobiliser le soutien nécessaire.
La dynamique plus que l'arithmétique
Dorian Dreuil, directeur d'études à l'institut Bona Fidé, met en garde contre les attentes de reports de voix, notant les tendances électorales fragmentées. "Les reports ne sont jamais garantis. Ce qui importe, c'est la dynamique, pas simplement les chiffres. Le taux d'abstention sur ces scrutins donne un aperçu des défis à relever pour les deux candidats".
Avec un taux de participation historiquement bas à ces élections, les enjeux semblent dès lors encore plus cruciaux pour la lutte pour la mairie de Paris.







