Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne pas modifier ses taux directeurs lors de sa réunion du 19 mars, offrant ainsi le temps nécessaire pour analyser les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient. Le taux de dépôt reste fixé à 2%, une position inchangée depuis juillet dernier.
La récente flambée des prix de l'énergie a complexifié les prévisions économiques. Avant l'éclatement du conflit, le taux d'inflation dans la zone euro avait déjà ralenti, se rapprochant de l'objectif des 2% fixé par la BCE, comme l'indique une analyse de BFM TV.
Une prolongation des hostilités pourrait cependant compromettre cette tendance en provoquant une nouvelle hausse des prix, ce qui exposerait alors la croissance, déjà fragile, des pays de la zone euro. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a affirmé la semaine dernière que l'institution ferait « tout ce qui est nécessaire » pour contenir l'inflation.
Des choix délicats à l'horizon
Si les tensions persistent et que les prix des hydrocarbures demeurent élevés, la BCE devra faire face à un cas de conscience délicat. Pour freiner un nouvel essor inflationniste, un relèvement de ses taux pourrait être envisagé, de façon similaire aux mesures prises en 2022 lors d'une précédente crise. Toutefois, un tel mouvement pourrait également entraver la croissance économique.
Les taux d'intérêt de la BCE, souvent appelés « le loyer de l'argent », jouent un rôle clé dans l'économie, influençant directement les conditions de crédit offertes par les banques commerciales aux consommateurs et entreprises de la zone euro.
Pour le moment, la majorité des banques centrales adoptent une position attentiste. Le 18 mars dernier, la Réserve fédérale américaine a également décidé de maintenir ses taux inchangés pour la deuxième fois consécutive, en mettant en avant l'incertitude des impacts du conflit sur l'économie américaine. La Banque du Japon et la Banque d'Angleterre ont pris des décisions similaires.
« Nous ne sommes plus dans les années 1970 », déclare Jerome Powell, président de la Fed, tempérant les inquiétudes sur une éventuelle stagflation.
« Je réserve le terme de stagflation à des circonstances bien plus graves. Ce n'est pas le cas actuellement. Nous avons des tensions entre les objectifs et nous essayons de les gérer. C'est une tâche complexe », a-t-il ajouté.







