Après une interruption de deux semaines, l'usine de pâte à papier Fibre Excellence de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, a retrouvé le rythme de sa production. Cette reprise fait suite à la constitution d'un stock de 55 000 tonnes de bois, permettant à l'usine de fonctionner à 80 % de sa capacité jusqu'à la traditionnelle période de maintenance de juin.
Cependant, la situation économique reste précaire. Le groupe Fibre Excellence envisage de demander son placement en cessation de paiement auprès du tribunal de commerce, tandis que ses deux autres sites, à Comminges et Tarascon, font face à d'éventuelles fermetures.
Les employés ont appris récemment, lors d'une réunion du Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (CIRI), que l'entreprise, détenue par l'indonésien Jackson Widjaja, était mise en vente. Sébastien Oustric, représentant CGT, a dénoncé le manque de communication directe à ce sujet. « Nous avons eu confirmation du processus de vente par de vagues informations », a-t-il déclaré.
Outre la recherche d'un repreneur, l'État joue un rôle crucial. Le gouvernement a proposé des solutions qui demeurent à concrétiser, tandis que Fibre Excellence a déposé un recours pour obtenir des réponses écrites concernant des ajustements au contrat de revente d'électricité. La situation est d'autant plus tendue que l'entreprise a fixé un ultimatum au 14 avril à l'État.
Une nouvelle réunion du CIRI est prévue le 10 avril à Bercy, rassemblant les représentants gouvernementaux, de la direction et des salariés. Le jour précédent, les employés de Saint-Gaudens organiseront une manifestation pour alerter sur l'avenir de l'usine, qui emploie 350 personnes et joue un rôle vital dans la filière bois du sud de la France.







