L'événement tant attendu, prévu pour ce vendredi, a été initialement interdit par la préfecture de police de Paris, invoquant des préoccupations de sécurité pour les membres de la communauté musulmane.
En urgence, le tribunal administratif de Paris a décidé ce vendredi d'autoriser la tenue du rassemblement des Musulmans de France au Bourget (Seine-Saint-Denis), alors que la veille, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait demandé cette interdiction en raison de ce qu'il qualifiait de « risque terroriste important » dans le contexte actuel.
Cependant, le juge des référés n’a pas partagé cette évaluation. D'après lui, les craintes relatives aux troubles à l'ordre public évoquées par le préfet n'étaient pas fondées sur des preuves solides, comme le souligne le communiqué du tribunal. En effet, les éléments fournis ne démontraient ni un risque de contre-rassemblements ni une menace spécifique provenant d'organisations d'extrême droite.
Le tribunal a également noté qu'aucun incident n'avait été rapporté lors d'éditions précédentes du rassemblement, même en des temps politiquement et socialement tendus, particulièrement après les attentats de 2015. Il a par ailleurs déclaré que la situation actuelle ne nécessitait pas un déploiement exceptionnel de forces de police.
Recours judiciaire et combat politique
La Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMD), qui se déroule au parc des expositions du Bourget, mêle conférences, expositions et stands commerciaux. Ce rassemblement, qui débute ce vendredi à 14 heures et se poursuivra jusqu'à lundi, marque le grand retour du « Congrès du Bourget » après six ans d'absence imposées notamment par la pandémie de Covid-19.
Organisée par l'association Musulmans de France (MF), l'édition de 2013 avait attiré jusqu'à 170 000 participants. Néanmoins, le nombre de visiteurs a depuis chuté. Après l'annonce de l'interdiction, MF a engagé un recours judiciaire, considérant que cette décision représentait une atteinte grave à la liberté de réunion. Me Sefen Guez Guez, l'avocat représentant MF, a déclaré devant le tribunal que cette interdiction s'inscrit dans un contexte politique visant à promouvoir un nouveau projet de loi anti-séparatisme, révélé par le ministre de l'Intérieur en marge de cette délibération.







