L'ancien baron de la droite francilienne, Patrick Balkany, se retrouve une nouvelle fois devant le tribunal correctionnel de Nanterre, jugé pour deux affaires distinctes de détournement de fonds publics. À 77 ans, cet ex-maire de Levallois-Perret, désormais mis en retrait de la vie politique, affronte la justice dans un contexte de solitude et d'isolement.
Privé de son mandat et ayant échoué à lever son inéligibilité de dix ans lors d'un appel en 2025, Balkany a récemment vu son soutien s'effondrer, sa liste aux élections municipales ayant recueilli seulement 7,4 % des voix au premier tour du 15 mars, largement distancée par la maire sortante, Agnès Pottier-Dumas, qui a obtenu 51,72 %.
Ce rendez-vous judiciaire, qui dure du 7 au 10 avril, se présente dans un climat de tensions. Son avocat, Robin Binsard, a exprimé sa détermination à contester les accusations : « Bien que mon client ait un passé compliqué, nous croyons fermement que ces accusations sont infondées. »
Les affaires examinées par le tribunal incluent une enquête sur le Codeeil, une association liée à la municipalité, où Balkany est accusé d'avoir été complice d'un détournement de fonds publics par le recrutement d'un ancien directeur, Renaud Guillot-Corail, décédé en 2020. L'accusation soutient que ce dernier aurait bénéficié d'un salaire de plus de 300.000 euros après sa retraite, créant ainsi un emploi fictif. La défense conteste la validité des accusations, évoquant des délais trop longs et des éléments à décharge non exploités par l'instruction, comme l'agenda de l'ancien directeur qui prouverait son implication.
La deuxième affaire examinée concerne l'affectation d'agents de police municipale et d'un fonctionnaire de police nationale comme chauffeurs privés pour Balkany entre 2010 et 2015. Ces agents auraient été assignés à des tâches éloignées de leurs fonctions habituelles, comme la conduite d’invités. Un des chauffeurs a même revendiqué qu'il se sentait « traité comme un larbin de service ». La défense, de son côté, justifie cette pratique par un « impératif de sécurité », évoquant des menaces pesant sur Balkany par le passé.
Il est également important de noter que ces nouvelles accusations viennent s'ajouter à la longue liste des démêlés judiciaires de Balkany, qui a déjà été condamné avec son épouse pour avoir dissimulé 13 millions d'euros au fisc. Il a purgé plusieurs mois de détention à la suite de ces affaires.
Alors que le procès se déroule, l'opinion publique reste divisée. Certains citoyens de Levallois-Perret évoquent encore avec nostalgie l'époque de Balkany, tandis que d'autres accueillent ces nouvelles accusations avec scepticisme et indignation, appelant à une justice équitable.







