Dans un article récent du Wall Street Journal, Caroline Kimeu met en lumière les conséquences troublantes des nouvelles restrictions de visas imposées par Washington, qui ont été annoncées en janvier dernier. Ces mesures impactent de nombreux étudiants boursiers africains, initialement acceptés dans les universités les plus renommées des États-Unis.
Majok Bior, un étudiant en informatique de l'université de Duke, se retrouve hors jeu après avoir reçu un courrier du département d'État américain lui notifiant que son visa était “suspendu indéfiniment”. Cette décision, communiquée par l'ambassade des États-Unis à Kampala, a profondément touché cet étudiant originaire du Soudan du Sud, l'un des pays pris pour cible par ces restrictions. Le département d'État a expliqué qu' “un visa américain est un privilège, non un droit”.
Un avenir incertain
Les statistiques fournies par le département du commerce montrent que le nombre d'étudiants africains arrivant aux États-Unis a chuté de près d'un tiers pour le semestre d'automne 2025 par rapport à l'année précédente. Les flux en provenance du Nigeria et du Ghana, pays qui envoyaient traditionnellement le plus d'étudiants, ont également diminué de moitié.
Le Wall Street Journal souligne que cette tendance pourrait s'accentuer avec les nouvelles restrictions, rendant l'avenir des étudiants encore plus incertain.
À Kampala, Majok continue de participer à des activités communautaires, notamment en jouant aux échecs et en aidant une fondation pour les étudiants réfugiés. Il reste en contact avec ses amis qui subissent également des revers dans leurs projets académiques. Par exemple, une camarade de 23 ans, étudiante en sciences politiques au Bates College, a dû annuler son vol de retour et envisage maintenant de se marier.
Malgré ces défis, Majok Bior s'accroche à son rêve de retourner à Duke. Il a réussi à obtenir un passeport spécial de réfugié délivré par l'Ouganda, dans l'espoir que cela lui permettra d'échapper à l'interdiction de visa en vigueur pour le Soudan du Sud. Il confie au Wall Street Journal: “Je ne sais pas si cela fonctionnera. Si ça ne marche pas, je suis fichu.”







