Ce 12 avril, l'avocate générale a requis une peine de réclusion à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans contre Gabriel Ory. Amine Oualane pourrait quant à lui écoper de 18 ans de prison, tous deux accusés d'avoir participé à l'organisation de ce double meurtre tragique. De plus, la responsable des poursuites a demandé la perpétuité pour les présumés commanditaires, Karim Harrat et Walid Bara, ce dernier étant actuellement en fuite. Le tireur, Zaineddine Ahamada, et son complice Adrien Faure risquent respectivement 30 ans d'incarcération et sont accusés d'avoir facilité l'accès à leurs victimes.
Lors d'un réquisitoire marathon de trois heures, l'avocate a insisté sur la gravité des actes, soulignant que les accusés, déjà connus de la justice, représentent un réel danger. Elle a déclaré : "La vie humaine, quelle qu'elle soit, a de la valeur". Ce procès, selon elle, ne doit pas être seulement perçu sous l'angle de l'appartenance à un clan criminel, mais comme celui de six hommes qui avaient pour objectif principal de mettre fin à une vie.
Un écho des violences répétées
Ory et Oualane, tous deux dans la trentaine et déjà incarcérés, auraient orchestré depuis leur prison les opérations du groupe DZ Mafia, un réseau naissant qui s'est rapidement imposé dans le trafic et le racket à Marseille. Les faits remontent au 30 août 2019, lorsqu'une femme de ménage a découvert dans une chambre d'hôtel les corps sans vie de deux jeunes hommes, pris dans des règlements de compte liés à des rivalités criminelles.
Parmi les victimes, Farid Tir, âgé de 29 ans, était un ancien détenu, et son ami Mohamed Benjaghlouli est considéré comme une victime collatérale. Les autorités soulignent que ces affaires de violence émergent d'un contexte où la délinquance a évolué vers des crimes beaucoup plus graves.
En conclusion, l'avocate générale a plaidé pour que la justice pose des limites face à ces actes de violence, notamment ceux issus des quartiers populaires de Marseille. Elle a souligné qu'il est impératif d'éviter que ces comportements se normalisent et que la société ne bascule davantage vers l'acceptation de la violence.
Le procès, entamé le 23 mars, a rencontré plusieurs retards dus à des incidents pendant l’audience et devrait se conclure incessamment.







