Les agents pénitentiaires sont en état d'alerte dans toute la France ce lundi 27 avril. Sous l'égide du syndicat UFAP-UNSA, une journée de "prisons bloquées" est organisée, marquée par des actions à la maison d'arrêt d'Aix-Luynes et devant la prison d'Arles.
Des blocages devant plusieurs établissements pénitentiaires sont prévus pour entraver l'entrée du personnel. En Provence, les surveillants d'Aix-Luynes et d'Arles se joignent à cette mobilisation sans précédent. Ils pointent du doigt la surpopulation carcérale, qui engendre des conditions de travail précaires pour les réservistes, des conditions de vie déplorables pour les détenus et remet en question la capacité de réinsertion sociale, informe le site ici.fr.
À Aix-Luynes, la situation est alarmante, avec un taux de surpopulation atteignant 173%, bien au-delà de la moyenne nationale qui est de 137%. En France, le total des détenus s'élève à 87.126 pour seulement 63.000 places, alertant ainsi sur la saturation extrême des structures, observe Le Monde.
Manque d'effectif
Karim, un jeune ayant récemment quitté le centre pénitentiaire d'Aix-Luynes, attire notre attention sur les conditions de vie en détention : "C'est difficile, on trouve des cafards, il y a beaucoup de violence et une surveillance insuffisante. On se sent abandonnés". Il ajoute qu'un de ses compagnons a perdu la vie par pendaison dans une cellule voisine, illustrant le manque de réactivité des surveillants qui ont mis trois heures à venir intervenir. À son arrivée, le détenu était déjà décédé.
Un surveillant des Baumettes, souhaitant rester anonyme, abonde dans son sens. "L’absence d’encadrement adéquat exacerbent les problèmes. Les détenus sortent souvent sans réelle préparation, risquant de devenir une menace pour la société".
"La prison, c'est l'école du crime"
Cette défaillance dans la réinsertion des détenus suscite des inquiétudes chez Mohamed Benmeddour, un éducateur en milieu carcéral. Il déplorait : "Il n'y a rien de pire qu'une sortie sèche de prison. On pense avoir réglé le problème, mais ce n’est pas le cas. Une bonne réinsertion est cruciale". Selon lui, l'expérience carcérale peut avoir des conséquences néfastes : "La prison, c'est l'école du crime. Vous entrez comme un petit délinquant et vous en sortez en tant que criminel aguerri".
En réaction à cette crise, des mobilisations sont envisagées ce lundi 27 avril devant les prisons d'Aix-Luynes et d'Arles. À Arles, l'intersyndicale se rassemblera dès 6 heures du matin devant la Maison Centrale.







