Une affaire énigmatique ressurgit ce 28 mai 2026 devant le tribunal de Caen. Elle relate la disparition d'une femme en 1998 dans le Calvados, retrouvée en 2014 enterrée dans un jardin à Saint-Martin-des-Besaces. Le meurtre n'a jamais été résolu, et sa sœur engage des poursuites contre l'ex-compagnon des deux victimes.
Derrière cette affaire singulière se cache un scénario digne d'un thriller : un détecteur de mensonge au Canada, un homme ayant partagé la vie de deux sœurs, un corps dissimulé dans de la chaux, et un mystère demeurant irrésolu. La première sœur disparut sans que personne ne s’en inquiète en 1998, et son corps ne sera découvert que 16 ans plus tard.
En 2020, sa sœur, aujourd'hui âgée de 68 ans, a été acquittée après avoir été jugée pour recel de cadavre et a obtenu une indemnisation pour ses 30 jours de détention. Actuellement, elle poursuit son ancien partenaire, impliqué dans une relation avec les deux sœurs, pour dénonciation calomnieuse.
À 72 ans, cet homme, ancien négociant automobile, a eu des enfants avec chacune des sœurs. En 1998, il ne signale pas la disparition de l'aînée, continuant sa vie avec la cadette, avant de s’installer au Canada, où leur relation se dégrade.
De retour en France, il dénonce son ex-compagne, l'accusant de meurtre. Lors d’un test au détecteur de mensonge, elle nie les accusations et évoque un endroit près de leur ancienne maison où elle a remarqué de la terre fraîchement retournée. Cela conduisit à la découverte du corps en 2014 par les gendarmes, comme l’a rapporté le major Jean-Marc Hayes, investigateur principal.
Bien que tous deux aient été poursuivis, la prescription a joué en faveur de l’accusé, et la sœur n’a été accusée que de recel de cadavre. Lors de l’audience de 2020, elle a décrit son ancien compagnon comme un homme tyrannique, ce qui expliquerait sa réticence à signaler la disparition de sa sœur. Les accusations ont fusé de part et d’autre, chacun se renvoyant la responsabilité de la tragédie.
Le major Hayes a exprimé des doutes sur la capacité de la sœur à avoir enterrer le corps elle-même, soulignant qu'elle était sous emprise. Finalement, elle a été acquittée, subissant un malaise à l'annonce de la décision, marquant un tournant dans cette saga tragique.
Aujourd'hui, souhaitant faire valoir ses droits, elle a décidé d'attaquer son ex-compagnon, ne réclamant qu'un euro de dommages mais désireuse que justice soit faite. Son avocat, Eric Gaillard, qualifie cette action de « poursuite symbolique ».
Cette affaire complexe témoigne des drames humains que peuvent cacher des histoires de vie entrelacées, et met en lumière les enjeux psychologiques et juridiques entourant la résurgence d'un passé tragique, appelant à une réflexion plus large sur la justice et la vérité.
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