« Excusez ma vulgarité, mais ils m'ont détruit ! Je les considérais comme des frères. Ils prétendent que c'était un jeu ? C'est absurde. Depuis six ans, je ne vois plus. Je ne me rappelle même plus à quoi je ressemble, » confie Gaël Assoumou-Obiang avec une profonde émotion.
Ce drame a eu lieu en octobre 2020, lorsqu'il n'avait que 15 ans. Lors d'un « jeu » connu sous le nom de « chasse à l'homme » à Cenon, dans le quartier Palmer, il a subi des violences qui ont conduit à sa cécité. Les accusés, désormais âgés de 22 à 25 ans, sont jugés pour « violences volontaires en réunion ayant entraîné une mutilation permanente ». Gaël a été entendu en tant que partie civile et n'a pas caché sa colère.
Des violences inacceptables
Le 17 octobre 2020, il a été victime d'une agression durant ce jeu, censé être ludique. « Je savais que ça pouvait faire mal, mais jamais je n'aurais imaginé à quel point cela serait violent, » déclare-t-il. Traîné dans une cave, il subit des coups qui se sont intensifiés après qu'il a tenté de répliquer. « Ça a commencé par des claques, et puis ça a rapidement dégénéré, » explique-t-il. Son ami, qui a entendu ses cris, est intervenu pour le sortir de cette situation cauchemardesque.
Des témoins et des experts, comme une psychologue ayant examiné Gaël, expliquent que la peur du jugement et le silence pesant dans leur communauté ont longtemps empêché les victimes de parler. Elle souligne : « Je pense que c'est son handicap permanent qui l'a poussé à dénoncer. Sinon, il aurait peut-être gardé le silence. »
Une importante question subsiste : la cécité aurait-elle pu être évitée ? Gaël souffrait d'une maladie rare affectant sa coagulation, et sa mère se demande si une intervention plus rapide aurait changé la donne. « Il avait une bosse sur le front mais ne saignait pas, » raconte-t-elle, visiblement inquiète de la gestion médicale de l'après-incident.
Après cet événement tragique, le jeune homme a passé six mois à l'hôpital, une période marquée par la douleur et le déni. Sa mère a dû quitter son emploi pour s'occuper de lui. Ce drame soulève des questions cruciale sur la violence parmi les jeunes et la responsabilité de la société à prévenir de telles atrocités.







