"Nous sommes acculés par le manque d'heures et de personnel pour mener ces enquêtes", déclare Manon Lefebvre, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature et substitut du procureur, lors d'une intervention sur Franceinfo mercredi. Au centre de l'affaire, un homme de 41 ans, soupçonné d'l'enlèvement de Lyhanna, était déjà sous le coup de trois procédures pour viols ou agressions sexuelles lors de la disparition de cette collégienne de 11 ans, dont on est sans nouvelles depuis vendredi, a précisé la procureure d'Auch.
Manon Lefebvre ajoute : "La réalité des dysfonctionnements est alarmante, mais elle s'accompagne d'un manque de moyens flagrant." Elle critique le fait que, "à l'heure actuelle, les violences sexuelles sur mineurs ne semblent pas être une priorité. Les ressources nécessaires pour agir efficacement ne sont pas mises à notre disposition."
Cette situation pose des questions cruciales sur la manière dont les enquêtes sur les violences sexuelles sont traitées en France. Les experts, comme Pascal Dussol, ancien magistrat, estiment qu'il est urgent de réévaluer les priorités dans la justice afin d'améliorer le traitement des affaires impliquant des mineurs. "Il faut un engagement clair de l'État pour que les violences sexuelles soient réellement prises en compte dans les politiques publiques," souligne-t-il.
Des habitants de Fleurance, où Lyhanna a disparu, se mobilisent également pour participer aux recherches et soutenir les efforts des gendarmes. "Ça peut être aussi bien ma fille," témoignent-ils, révélant l'inquiétude croissante de la communauté face à cette disparition tragique.







