Une réunion cruciale s'est tenue lundi 8 juin entre le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, et les 34 procureurs généraux, visant à faire le point sur l'affaire tragique Lyhanna, dont le corps de la fillette a été découvert dix jours après sa disparition. À l'issue de cet échange, les juges du tribunal judiciaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis) ont décidé de rédiger une motion provoquant une onde de choc.
Dans ce document rendu public par le service police-justice de franceinfo, ils expriment leur profonde inquiétude : "la délation de magistrat.es, sans attendre les conclusions de l'enquête administrative et au mépris du contexte de leur activité, s'est substituée à une analyse structurée et holistique sur d'éventuels dysfonctionnements".
Cette motion, émanant d'une assemblée générale des magistrats, s'élève contre ce qu'ils qualifient d'aveuglement volontaire de la part du ministère de la Justice et des responsables politiques concernant les enjeux devant lesquels se trouvent les juridictions. Ils dénoncent également l'abandon des acteurs impliqués dans la protection de l'enfance.
Les magistrats rappellent en outre que certains membres du parquet d'Auch ont été victimes de menaces de mort, soulignant un climat de tension qui pèse sur la légitimité de la justice. "La remise en cause de l'action de la justice est alarmante", déclarent-ils, ajoutant qu'un débat plus approfondi sur les conditions de travail et la sécurité des magistrats est urgent.
Cette situation met en lumière une crise plus large qui affecte la justice française, où les professionnels du droit se battent pour garantir l'intégrité de leurs actions face à un environnement politique et social de plus en plus hostile. Il est essentiel que des discussions constructives soient engagées pour trouver des solutions durables à ces problématiques.







