Suite à une réunion avec les procureurs généraux, le ministre de la Justice a dénoncé ce qu'il considère comme un "dysfonctionnement grave de la justice" concernant le traitement de l'affaire Lyhanna. "Nous devons être transparents avec le public et le Parlement sur notre incapacité à protéger des enfants, en raison de systèmes défaillants et de lenteurs inacceptables", a-t-il déclaré.
La Union syndicale des magistrats a réagi en critiquant la communication de Darmanin, qui semble pointer des responsables et a exprimé son indignation face à un manque de ressources et à l'absence d'une hiérarchisation efficace des affaires, ce qui fragilise le système judiciaire français.
"Il existe des dysfonctionnements dans le système judiciaire. Toutefois, dans cette affaire spécifique, ce ne sont pas les moyens ou les lois qui ont fait défaut, mais plutôt notre incapacité à prioriser les affaires de viols impliquant des mineurs", a précisé Darmanin.
Le ministre souligne également que la lenteur des processus judiciaires représente un autre enjeu majeur. Il a demandé une "mobilisation générale" des procureurs pour établir un état des lieux des infractions touchant les mineurs avant le 14 juillet. À l'heure actuelle, plus de 70.000 plaintes relatives aux violences sur mineurs sont en attente de traitement.
Après cet audit, chaque procureur sera rencontré individuellement par Darmanin pour discuter des difficultés rencontrées dans le traitement de ces affaires. "Y a-t-il d'autres situations similaires à celle de Lyhanna en France ?", s'interroge le ministre.
Une fois les inspections judiciaires réalisées, le ministre espère également une accélération des enquêtes en cours. Il a affirmé qu'il souhaitait rectifier la gestion des plaintes, en particulier celles concernant les violences sexuelles sur les enfants, qui ne sont pas encore parvenues aux procureurs.
Darmanin a également promis de dévoiler les sanctions potentielles qui pourraient être imposées à certains magistrats, dans le cadre de ce qu'il qualifie d'"échec tragique de l'État et de la justice".







