Alors qu'Israël et l'Iran entrent dans une phase tendue, marquée par des échanges de missiles, les rebelles houthistes du Yémen font leur apparition sur la scène en tirant également un missile vers Israël. Leur intention : mettre en lumière le potentiel d'extension de la guerre vers le détroit de Bab El-Mandeb.
Les houthistes ont lancé "un barrage de missiles" contre Israël dans la matinée du 8 juin, rapportent des médias liés au groupe armé Al-Masirah. Ils ont également informé de l'"interdiction de la navigation" pour les navires israéliens en mer Rouge.
Les missiles seraient parvenus à leur cible "avec précision", selon le porte-parole des houthistes, Yahya Saree, mentionnant que cette attaque est une "réaction à l'agression israélienne contre l'Iran, le Liban et la bande de Gaza", comme indiqué par le site qatari Arabi21.
Les sirènes ont retenti à Tel-Aviv, et l'armée israélienne a assuré avoir intercepté les tirs. Toutefois, Ynet souligne que malgré l'échec de provoquer des dommages majeurs, les houthistes ont envoyés un message clair.
Alerte sur le risque d’extension de la guerre
Même si les houthistes n’ont pas réussi à causer des dégâts notables, ils ont envoyé un signal fort, analyse James Dorsey, spécialiste des affaires moyen-orientales. Selon lui, une intensification des conflits entre Israël, l'Iran et le Hezbollah pourrait se propager du détroit d'Ormuz au détroit stratégique de Bab El-Mandeb.
Les houthistes menacent de "hausser significativement l'incidence de la guerre sur les pays du Golfe et les marchés mondiaux de l'énergie", ce qui préoccupe notamment l'Arabie saoudite. Celle-ci a réussi jusqu'à présent à détourner ses exportations de pétrole vers la mer Rouge, contournant le détroit d'Ormuz grâce à un oléoduc.
Depuis le début du conflit contre l'Iran, les houthistes ont affirmé leur soutien à Téhéran, tout en faisant preuve d'une retenue surprenante. Cette stratégie pourrait être motivée par des considérations économiques, permettant ainsi aux houthistes de maintenir une trêve tacite avec l'Arabie saoudite, en vue de construire un oléoduc reliant le Yémen à la haute mer sans passer par le détroit d'Ormuz.







