Le Parlement bolivien a approuvé, ce dimanche 7 juin, la demande du président conservateur Rodrigo Paz d'utiliser l'armée pour lever les barrages routiers créés par des manifestants. Ce geste est perçu comme un tournant dangereux dans la gestion d'une agitation sociale qui agite le pays depuis plus d'un mois.
Dans un climat de tensions croissantes, le gouvernement bolivien renforce ses moyens pour contrer le mécontentement populaire. Après des heures de débat ce dimanche, la loi permettant à Paz d'engager l'armée a été adoptée, marquant une montée d'autoritarisme face à une crise économique et sociale profonde. Les manifestations, qui rassemblent paysans, mineurs, enseignants et routiers, exigent le départ de Paz, jugé responsable de la situation actuelle.
Comme le rapportent des sources comme L'Humanité, le gouvernement justifie cette opération militaire comme une « nécessité pour rétablir l'approvisionnement des grandes villes », face à une « situation d'urgence ». Cependant, l'article de loi jugeant les militaires responsables uniquement devant l'État, leur donnant une présomption de légalité, soulève des critiques quant à la possibilité d'une répression violente.
La répression monte d’un cran
Ce cadre juridique offre une garantie d'impunité pour d'éventuelles violences policières, rappelant les tensions qui avaient prévalu sous l'administration précédente, où plusieurs responsables militaires avaient été poursuivis après des manifestations qui avaient causé la mort de plus de 30 personnes. Dans ce contexte, la crainte d'une escalade de la répression est palpable.
Les récentes éruptions de violence, comme celles survenues à San Julián à Santa Cruz, illustrent la fragilité de la situation. Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant des groupes de jeunes civils, liés à l'extrême droite, opérant comme une force paramilitaire en collaboration avec la police.
Soutenu par des gouvernements conservateurs, y compris celui de Donald Trump, Paz semble privilégier l'option de la militarisation à celle de la négociation. L'implication de l'armée contre des manifestants pourrait marquer une intensification significative de la répression et aggraver des tensions déjà palpables dans le pays.







