Ce dimanche, les présidents français, allemand et britannique ont exprimé un soutien solide à la proposition de Volodymyr Zelensky visant à établir un "dialogue direct" entre l'Ukraine et la Russie, avec l'appui judicieux des États-Unis et des nations européennes. Ce soutien a été formulé à l'issue d'une rencontre avec Zelensky à Londres.
Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz ont salué l'appel de Zelensky à une sortie diplomatique de la guerre. Ce dernier a suggéré une rencontre en face à face avec Vladimir Poutine, comme il l’a précisé dans une lettre envoyée jeudi dernier.
Cependant, le Kremlin a répondu qu'il n'y voyait pas d'intérêt tant qu'un accord préalable de cessation des hostilités n'était pas établi.
Les dirigeants de Paris, Londres et Berlin ont donc manifesté leur accord en faveur d'un dialogue direct, soulignant qu'il était essentiel d’atteindre un cessez-le-feu et de poursuivre les négociations. La déclaration conjointe inclut également le soutien explicite de Kiev.
"Les lignes de contact doivent être le point de départ des discussions. Les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force", ont-ils affirmé avec conviction.
En parallèle, les dirigeants ont insisté sur l'urgence d'augmenter la production des intercepteurs et de développer des capacités antimissiles conjointes, à la lumière d'attaques russes ayant récemment causé des pertes humaines et des dégâts matériels sur un site nucléaire en Ukraine.
Zelensky, qui prévoit une audience avec le roi Charles III, a réitéré sur X l'appel à une coopération renforcée en matière de sécurité au niveau européen, surtout dans le secteur de la défense aérienne.
Le président ukrainien cherche à mobiliser davantage ses alliés européens sur la voie d'une résolution diplomatique, face à une attention américaine qui semble se détourner vers d’autres conflits, notamment en Iran.
La réception chaleureuse réservée à Zelensky par Keir Starmer, qui lui a fait une accolade publique, témoigne des relations étroites entre le Royaume-Uni et l'Ukraine. Les autres dirigeants européens étaient présents une demi-heure plus tôt pour une réunion en format "E3" avec le chef du gouvernement britannique.
- Incident "inquiétant" à Tchernobyl -
Dans une interview accordée à Sky News, Zelensky a révélé avoir rencontré l'oligarque russe Roman Abramovitch à Kiev, à qui il a transmis des messages pour Poutine, affirmant que l'Ukraine ne cédera pas le Donbass, zone industrielle de l'est sous un contrôle partiel russe.
Des frappes récentes dans un village de la région de Zaporijjia ont causé au moins deux décès, et un chauffeur de bus de 56 ans a péri dans son véhicule. De plus, des attaques par drones dans la région de Dnipropetrovsk ont également fait des victimes.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a exprimé ses inquiétudes après qu'une attaque de drone a partiellement endommagé un bâtiment d'un site de stockage de combustible nucléaire usagé à Tchernobyl, bien que le bâtiment soit vide et que les niveaux de radiation soient normaux, d'après l'opérateur Energoatom.
Rafael Grossi, directeur général de l'AIEA, a déclaré que cet incident est "profondément inquiétant", en raison de la nature sensible des matériels nucléaires impliqués. De son côté, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a accusé la Russie de menaces envers la sécurité nucléaire.
Le ministère de la Défense russe a déclaré avoir mené des frappes sur des installations militaires ukrainiennes. L’armée ukrainienne a, quant à elle, signalé qu'elle avait intercepté 215 des 236 drones lancés par la Russie durant la nuit.
L'Ukraine a intensifié ses opérations de drones en réponse aux frappes russes. Des cibles en territoires ukrainiens occupés et même en Russie, comme des dépôts de carburants en Crimée, ont été touchées. La région de Belgorod a également subi des pertes, un drone ukrainien ayant tué une femme et blessé son partenaire.
Le ministère russe a révélé avoir intercepté 95 drones ukrainiens au même moment.







