Le 11 juin, la Cour de révision a rouvert un chapitre controversé de l'histoire judiciaire française en examinant le cas de Raymond Mis et Gabriel Thiennot, condamnés en 1950 pour le meurtre d'un garde-chasse, Louis Boistard, dans l'Indre. Après quatre-vingt ans d'ombre, leurs proches espèrent toujours une réhabilitation qui pourrait mettre fin à un combat acharné pour la vérité.
Le dossier, même poussiéreux, continue de captiver l'attention. Des photos en noir et blanc projetées à l’audience rappellent l’innocence des deux accusés, qui avaient toujours clamé leur non-culpabilité. Jusqu’à présent, la quête de justice des descendants a donné lieu à sept requêtes, sans succès. Ce n'est qu'une loi adoptée en 2021 facilitant la révision de cas judiciaires a permis d’atteindre la Cour de révision, le genre de tribunal dont dépend l’avenir des condamnés.
Lors de l’audience, Thierry Thiennot, représentant de la lignée des Thiennot, a dénoncé l'enquête initiale, qualifiant les méthodes utilisées de "Gestapo". Les aveux de ses aînés auraient été obtenus sous la contrainte, puisque la plupart des témoins se sont rétractés. Selon lui, la Cour n’a aucune raison de confirmer des jugements basés sur des preuves douteuses. Jean-Pierre Mignard, avocat des héritiers, a également insisté sur les nombreuses irrégularités présentes dans le dossier, arguant que "la justice ne doit pas entériner une procédure bafouant les droits fondamentaux".
Cependant, l’avocat général Pascal Bougy a mis en garde contre une pression populaire qui pourrait influencer la décision de la Cour. Il soutient qu'il n’y a pas d’éléments nouveaux sur lesquels fonder une révision. Dans uneFrance où les débats autour de l'affaire Mis et Thiennot restent violents, le respect des procédures judiciaires devient primordial.
Des opinions divergentes continuent de paradoxalement polluer le récit entourant cette affaire. Alors que certains tirent argument d'une "croyance collective" concernant l'innocence des accusés, d'autres, comme François Saint-Pierre, avocat représentant Louis Boistard, mettent en avant le caractère mythique de cette croyance qui accumule des non-dits et des mensonges. Ces débats soulignent les fractures au sein de la société sur des problèmes de justice qui devraient pourtant transcender les émotions.
Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a récemment exprimé que ce dossier devrait se voir tranché par la justice afin d'apaiser les tensions. La décision finale de la Cour de révision est attendue pour le 2 juillet, coïncidant avec d'autres affaires jugées emblématiques. Ainsi, l'affaire Mis et Thiennot reste un symbole non seulement d'une quête de justice mais aussi d'une mémoire collective toujours en construction.







